ACADÉMIE DES TRACES

Édition 2024

L’édition 2024 de l’Académie des Traces s’est structurée autour de trois moments : l’atelier en ligne, l’école de printemps à Berlin, et la journée d’étude à la Villa Médicis à Rome.

Elle s’est articulée autour de quatre thématiques:

Acquérir/Approprier; Restituer/Rapatrier; Représenter/ Exposer; Imaginer/ Performer.

Ces quatre axes constituent des points d’entrée pour interroger l’héritage colonial dans les musées et plus particulièrement les modes d’acquisition, la représentation et la muséographie, le retour aux archives, les réécritures par des pratiques artistiques et enfin la propriété des collections et les restitutions.

Ecole de printemps

L’école de printemps s’est tenue à Berlin du 18 au 23 mars 2024. Elle a réuni 16 lauréat·es, en tant qu’académicien·nes, originaires d’Europe et d’Afrique, aux parcours variés : étudiant·es en master, doctorant·es, chercheur·es en histoire, histoire de l’art, droit, anthropologie, sciences politiques, littérature ; commissaires d’exposition, conservateur·rices, responsables de documentation en musée ou artistes, âgé·es de 23 à 40 ans.

Au cours de cette semaine, les académicien·nes ont été accueilli·es pendant deux jours à la fondation Genshagen, où ils ont présenté leur projet de recherche et ont commencé à échanger sur leurs travaux respectifs.

Ils ont bénéficié de visites exclusives, notamment celle des réserves de la Pinacothèque de la Gemäldegalerie, guidé·es par Neville Rowley, conservateur des sculptures et peintures italiennes des XIVe et XVe siècles. Cette visite a été l’occasion d’explorer l’histoire de certaines œuvres et leur conservation durant la Seconde Guerre mondiale, ainsi que l’approche relative aux encadrements mobiliers des peintures. Une autre visite marquante a eu lieu à la Haus der Kulturen der Welt, en présence de son directeur Bonaventure Soh Bejeng Ndikung, pour échanger autour de la place de l’art contemporain dans les débats actuels sur le post-colonialisme. Les académicien·nes ont également profité de l’expertise de Bénédicte Savoy, professeure d’histoire de l’art à la Technisches Universität de Berlin, ainsi que de celle de son équipe. Les discussions, articulées autour de la provenance des œuvres présentes dans les musées européens, ont aussi porté sur des cas moins abordés, comme celui du pillage d’œuvres originaires d’Asie et exposées dans les musées européens.

Un autre point fort du programme a été le lancement du livre Traces du dé/colonial au musée, édité par Anna Seiderer, Damiana Oţoiu, Felicity Bodenstein et Margareta von Oswald (2024, Editions Horizons d’Attente) au Centre Marc Bloch. Cet évènement a été organisé dans un format hybride le 21 mars 2024.

Tout au long de la semaine, structurée par la création d’une œuvre réflexive sous la forme d’un canvas – mêlant paroles, dessins ou broderies –, ils ont pu exprimer leur vision des thèmes abordés et créer une trace des expériences vécues en lien avec leur sujet de recherche.

Vous pouvez télécharger le programme de l’école de printemps ici, qui inclut les profils et les projets de recherche des académicien.nes.

Atelier en ligne

L’atelier en ligne avait pour objectif d’apporter un éclairage pluriel sur l’héritage colonial dans les musées. Nous avons souhaité encourager le dialogue constant entre participant·e·s issu·e·s des continents africain et européen, en offrant des moments privilégiés de discussions et d’échanges, en session plénière comme en petits groupes. Le format numérique a permis à la fois de réunir un grand nombre de participant·e·s et de donner la parole à des expert·e·s internationaux·ales, notamment à de nombreux·ses intervenant·e·s du continent africain. Il s’est déroulé en anglais et en français, les sessions plénières ont fait l’objet d’une traduction simultanée dans les deux langues. Les ateliers ont abouti à la constitution d’un réseau actif de plus de 1000 participant.e.s en 2024, passé à plus de 2500 personnes en 2025.

Le livre Traces du dé/colonial au musée (Éditions Horizons d’Attente, 2024), édité par plusieurs membres de l’équipe scientifique de l’Académie des Traces, a servi de point de départ à ces quatre séquences en ligne et en a structuré le déroulement.

Chaque séance a été ouverte par Julie Sissia et Margareta von Oswald, puis introduite par un binôme de modérateur·rice·s qui ont présenté les grands enjeux de la thématique de la séance. Ensuite, deux interventions courtes se sont succédé, ouvrant des perspectives de discussions en plus petits groupes. Ainsi, chaque session a favorisé la prise de parole de chacun·e et la rencontre entre les participant·e·s. L’atelier en ligne était ouvert à tous et à toutes.

Acquérir/ Approprier

9 février 2024, 10h – 11h30 CET
Felicity Bodenstein (Sorbonne Université) et Paule-Clisthène Dassi Koudjou (Ecole du Patrimoine Africain) en conversation avec Rachel Mariembe (l’Institut des Beaux-Arts de Nkongsamba),Richard Tsogang Fossi (Technische Universität Berlin) et les participant.e.s en ligne

Cette séance sera dédiée à comprendre les pratiques actuelles en termes de recherche sur l’histoire des collections africaines. Cette recherche se manifeste dans différentes méthodologies : des “biographies d’objets” en passant par des projets de “provenance” ou une “histoire des collections inversées”et répond à des intentions et besoins variables qu’elle soit menée depuis le musée ou dans le monde universitaire. La notion de provenance en particulière ne s’applique que depuis quelques années à la politique de recherche sur les biens culturels africains, et cela d’abord dans le contexte allemand et de façon croissante en Europe. Or, comment la notion de provenance est-elle comprise sur le continent africain? Qui sont les acteurs africains qui cherchent aujourd’hui à recentrer la recherche sur l’histoire des collections en se concentrant sur les contextes de collecte ou de saisie en Afrique? Quels formats de collaboration existe-t-ils avec les institutions européennes et que signifie ce dialogue à distance avec des séjours des spécialistes des pays d’origine ou une implication ad-hoc de représentants de la diaspora ? Comment les communautés d’origines sont-elles impliquées dans ce processus ?

Biographies

Felicity Bodenstein est historienne de l’art, spécialiste de l’histoire de musées et des collections. Depuis 2019, elle est maîtresse de conférence à Sorbonne Université en histoire de l’art contemporain et du patrimoine. Elle a soutenu sa thèse en 2015 à l’Université de Paris-Sorbonne sur L’histoire du Cabinet des médailles et antiques de la Bibliothèque nationale (1819-1924). Depuis 2015, grâce à des bourses au Kunsthistorisches Institut à Florence, au musée du quai Branly-Jacques Chirac et à la Technische Universität à Berlin dans le groupe “Translocations”, dirigé par Bénédicte Savoy, elle travaille sur le cas d’un butin de guerre pris à Benin City (aujourd’hui au Nigeria) en 1897 et l’histoire de la dispersion des objets. Depuis 2020, elle codirige le projet Digital Benin, basé au Museum am Rothenbaum. Kulturen und Künste der Welt (MARKK). Ce projet rassemble pour la première fois les données de 131 institutions sur plus de 20 pays et permet de recenser près de 5000 pièces de Benin City et de les mettre en relation avec des savoirs co-construits entre chercheurs nigérians et européens. Quelques publications récentes sont: Felicity Bodenstein, Damiana Oţoiu and Eva-Maria Troelenberg, 2022. Contested Holdings: Museum Collections in Political, Epistemic and Artistic Processes of Return, Oxford, New York: Berghahn Books; Felicity Bodenstein (ed), 2020. “Africa: Trade, Traffic, Collections,” Journal for Art Market Studies, volume 4, number 1, at https://fokum-jams.org/index.php/jams/article/view/119.

Paule-Clisthène Dassi Koudjou, conservatrice du patrimoine en spécialité musée, diplômée de l’Institut national du Patrimoine de Paris. Elle est responsable de la conservation de l’ensemble des musées du réseau du programme de la Route des Chefferies au Cameroun. Ancienne directrice du musée Royal de Batoufam. Elle participe au développement des musées des chefferies au Cameroun et à travailler sur l’exposition “Sur la Route des Chefferies, du visible à l’Invisible” au musée du quai Branly Jacques Chirac en 2022. Membre du réseau d’experts de l’EPA (Ecole du Patrimoine Africain), elle suit également la formation du DU de Paris Nanterre sur “La recherche de Provenance des œuvres d’arts”. Elle travaille sur la recherche de provenance et la documentation des collections africaines et camerounaises dans les musées européens. En Allemagne, elle a participé aux programmes “PEACE” en Basse Saxe de 2019 à 2021, le “The Museum LaB” 2021 avec le Naturkunde Museum de Berlin, le Humboldt Forum et le Rautenstrauch-Joest Museum de Cologne en 2021 et 2023. Le projet “Provenienz Forschung” de l’Université Jean Gutenberg de Mayence en avril 2023 sur les collections camerounaises. En France, elle axe ses travaux sur l’étude et la documentation des collections ethnographiques du Cameroun au Muséum d’Histoire Naturelle de La Rochelle en 2022 et 2023. La valorisation du patrimoine africain en Afrique et dans les musées occidentaux et la recherche de provenance des œuvres issus de la période coloniale sont ses principaux centres de recherches.

Richard Tsogang Fossi est germaniste, spécialisé dans les études littéraires et culturelles, l´histoire coloniale allemande et la mémoire coloniale. Ces dernières années, il a participé à différents projets de recherche sur les topographies mémorielles transnationales germano-camerounaises à l’Université Heinrich Heine de Düsseldorf. En tant que didacticien, il a aussi mené des recherches sur les manuels scolaires des pays ex-colonies allemandes et la manière dont ces pays se servent des manuels scolaires comme moyens de mise en perspective de l’histoire coloniale allemande et comme média de la mémoire coloniale. Il a également été membre de l´équipe curatoriale de l´exposition « Hey Hamburg, kennst Du Rudolf Dualla Manga Bell ?”, présentée au musée ethnologique de Hambourg (devenu MARKK) depuis 2020. Au centre de ses recherches se trouve aussi la question de provenance des biens culturels emportés de manière violente et illégale en période coloniale, et la manière dont les savoirs sont construits autour de ces biens dans le paysage muséal allemand. Actuellement, il est membre de l´équipe de recherche sur le patrimoine camerounais à l’Université technique de Berlin. Ce projet, initié par les professeur.e.s Bénédicte Savoy et Albert Gouaffo et financé par la « Deutsche Forschungsgemeinschaft – DFG – », et intitulé “Reverse Collection Stories. Mapping Art and culture from Cameroon in German Museums », a abouti dans sa première phase à la parution du livre Atlas der Abwesenheit. Kameruns Kulturerbe in Deutschland (https://www.tu.berlin/kuk/forschung/projekte/laufende-forschungsprojekte/umgekehrte-sammlungsgeschichten-mapping-kamerun-in-deutschen-museen/atlas-der-abwesenheit).
Pour un aperçu de ses différentes publications, bien vouloir suivre le lien ci-dessus : https://www.tu.berlin/kuk/ueber-uns/team/wissenschaftliche-mitarbeiterinnen/dr-richard-tsogang-fossi.

Rachel Mariembe est titulaire d’une thèse en Sciences du Patrimoine. Chef de Département Patrimoine et Muséologie à l’Institut des Beaux-Arts de Nkongsamba, Coordonnateur du Laboratoire Science du Patrimoine de l’UFD Arts et Sciences du Patrimoine de l’École Doctorale Sciences Sociales et Humaines de l’Université de Douala, elle a participé à la réalisation de sept musées communautaires au Cameroun ainsi qu’à l’exposition « Sur la Route des Chefferie du Cameroun : Du visible à l’invisible » au Musée du Quai Branly Jacques Chirac. Très active dans le domaine de recherche de provenance, de restitution et de retour des objets du Cameroun dans les musées occidentaux, les recherches de partenariat, la sensibilisation des Collectivités Territoriales Décentralisées à l’importance de la valorisation du patrimoine culturel, elle a participé à l’élaboration du dossier d’inscription du Festival Nguon sur la Liste Représentative du Patrimoine Culturel Immatériel de l’Humanité ainsi qu’à l’inscription de la ville de Nkongsamba au Réseau des Villes Créatives de l’UNESCO. Les problématiques des Industries Culturelles et Créatives, de l’implication des communautés dans le processus de valorisation du patrimoine culturel, de conservation communautaire, le développement touristique des territoires au travers des éléments culturels matériels et immatériels et la recherche de provenance sont ses principaux centres de recherche.

Restituer/ Rapatrier

23 février 2024, 10h-11h30 CET Damiana Oţoiu (Université de Bucarest) et Franck Ogou (Ecole du Patrimoine Africain) en conversation avec Jacques Aguia Daho (Université d’Abomey Calavi), Placide Mumbembele Sanger (Université de Kinshasa) et les participant.e.s en ligne

La remise en question du musée en tant que propriétaire légitime de certaines collections issues du contact colonial est un enjeu majeur des politiques muséales contemporaines. Les anciens musées ethnographiques sont particulièrement concernés, étant donné l’imbrication entre l’histoire des institutions muséales, des sciences anthropo-biologiques et celle des conquêtes coloniales. Les demandes de restitution de biens culturels et de restes humains se sont multipliées après le discours prononcé en novembre 2017 par le président Macron à l’université de Ouagadougou, dans lequel il avait exprimé son souhait que «d’ici cinq ans les conditions soient réunies pour des restitutions temporaires ou définitives du patrimoine africain en Afrique». Dans cette séance nous nous proposons tout d’abord d’historiciser les débats contemporains, et de montrer comment ces interrogations historiques, éthiques, politiques sont formulées à différents moments et dans différents contextes. Ensuite, lnous montrons que le thème de la restitution des collections muséales lance, avant tout, un défi épistémique : imaginer des collaborations entre les chercheurs, les professionnels des musées et les populations autochtones.

Biographies

Damiana Oţoiu est anthropologue du politique et du droit, docteure en sciences sociales et politiques de l’Université Libre de Bruxelles (2010). Elle est actuellement maîtresse de conférences en anthropologie politique à la Faculté de Sciences Politiques de l’Université de Bucarest. Elle a enseigné, entre autres, à l’Université Paris 8 Vincennes Saint Denis, à l’Ecole des Hautes Etudes en Sciences Sociales Marseille et Paris, à l’Université du Cap Occidental, Le Cap. Ses recherches portent sur la manière dont le droit de propriété sur les collections muséales est (re)défini et contesté dans des contextes postcoloniaux. Elle mène des recherches anthropologiques en République démocratique du Congo, en Afrique du Sud, en France et en Belgique. Ses recherches ont été financées grâce à des financements européens (par exemple Marie Curie International Fellowship for Experienced Researchers), à des bourses offertes par des instituts d’études avancées (i.e. New Europe College, Bucarest ou Institut für die Wissenschaften vom Menschen, Vienne), ou à des visiting fellowships (i.e. l’Institut Max Planck d’Anthropologie Sociale de Halle; LSE, Londres; Woodrow Wilson International Center for Scholars, Washington DC; IFAS Recherche, Johannesburg). Damiana a coordonné plusieurs projets de recherche, dont Museums and Controversial Collections. Politics and Policies of Heritage-Making in Post-colonial and Post-socialist Contexts (2015-17) et Pratiques décoloniales dans les collections muséales (Europe et Afrique subsaharienne) : Histoires locales et circulations globales (2021-22). Quelques publications récentes sont: Felicity Bodenstein, Damiana Oţoiu et Eva-Maria Troelenberg (eds.), Contested Holdings: Museum Collections in Political, Epistemic and Artistic Processes of Return, Oxford, New York, Berghahn Books, 2022; Damiana Oţoiu, « Diaspora(s) », « communautés d’origine » et collections muséales. Collaboration et controverses autour de la rénovation du Musée Royal de l’Afrique Centrale, à Tervuren in New Europe College Yearbook, 2018-2019, NEC, Bucarest, 2023, pp. 169-194.

Franck Ogou est gestionnaire du patrimoine culturel, spécialiste du patrimoine africain. Il est titulaire d’une thèse de doctorat en Patrimoine et archéologie et travaille depuis une quinzaine d’années à l’Ecole du Patrimoine Africain qu’il dirige depuis janvier 2019. En effet, l’Ecole du Patrimoine Africain-EPA est un établissement universitaire à vocation internationale, spécialisé dans la conservation et la médiation du patrimoine culturel tangible et intangible (matériel et immatériel). Elle couvre prioritairement les 26 pays francophones, lusophones et hispanophones et Afrique au Sud du Sahara et de façon plus large elle apporte son expertise à tous les pays africains qui le souhaite à travers les programmes de formation et de renforcement de capacités, de mise en œuvre de projets culturels. A ce titre, il a dirigé plusieurs programmes de formation et a coordonné des projets de préservation et de valorisation du patrimoine culturel africain. Il a été membre très actif des comités mis en place par le Bénin pour la restitution.

Placide Mumbembele Sanger est docteur en Sciences politiques et sociales de l’Université libre de Bruxelles où il a défendu en 2015 une thèse de doctorat intitulée Les musées, témoins de la politique culturelle, de l’époque coloniale à nos jours, en République démocratique du Congo. Il enseigne actuellement l’histoire des musées du Congo à l’Université de Kinshasa. Ses recherches traitent de la question des musées et patrimoines culturels en contexte africain (post)colonial. Son intérêt actuel porte sur la question de restitution des biens culturels entre la Belgique et la République démocratique du Congo. Il est membre du Conseil scientifique de la Commission nationale chargée de rapatriement des biens culturels, des archives et des restes des corps humains soustraits du patrimoine culturel congolais, ainsi que membre du Comité scientifique de pilotage « Héritages coloniaux et décolonisation » à l’Université Libre de Bruxelles. Publications récentes: “Le retour du masque kakuungu en République démocratique du Congo : au-delà du geste”. In S.Van Beurden, D. Gondola et A. Lacaille (eds.), (Re)Making Collections : Origins, Trajectories & Reconnections, Musée royal de l’Afrique centrale, Tervuren, 2023 et A long Term Perspectives on the Issue of the Return of Congolese Cultural objects. Entangled Relations between Kinshasa and Tervuren (1930-1980), in Felicity Bodenstein, Damiana Oţoiu et Eva-Maria Troelenberg (eds.), Contested Holdings: Museum Collections in Political, Epistemic and Artistic Processes of Return, Oxford, New York, Berghahn Books, 2022.

Jacques Aguia Dahois est enseignant chercheur, Maître de conférences dans la spécialité Sociologie du développement à l’Université nationale d’Agriculture (UNA) et à l’Université d’Abomey-Calavi (UAC) au Bénin. Il est Chercheur associé au Laboratoire Anthropologie, Archéologie, Biologie (en France), Chef du Département Publication et Vulgarisation du Laboratoire d’Analyse et de Recherche Religions, Espaces et Développement (LARRED) de l’Université d’Abomey-Calavi.
Il est membre de différents laboratoires de recherche spécialisés et a à son actif plus d’une vingtaine d’articles scientifiques et deux ouvrages consacrés aux politiques publiques, aux savoirs locaux, à la santé et aux religions. Précédemment Conseiller technique au suivi des réformes et des projets du Ministre en charge de la formation technique et professionnelle et responsable en charge l’élaboration de la Stratégie nationale de l’Enseignement et la formation techniques et professionnels et de la Table ronde technique internationale organisée à cet effet. Actuel Directeur adjoint de Cabinet du Ministre en charge de la culture, il a coordonné pour le compte du Ministère la conception et la mise en œuvre des différents protocoles relatifs à la restitution des biens culturels du Bénin par la France, à leur accueil ainsi qu’à leur exposition. Il est membre de la coordination du Programme de recherche “Restitution des biens culturels du Bénin : entre politiques publiques et enjeux patrimoniaux” que pilote l’Ecole du Patrimoine Africain (EPA).

Représenter/ Exposer

8 mars 2024, 10h-11h30 CET Honoré Tchatchouang (Ecole du Patrimoine Africain) et Margareta von Oswald (Humboldt-Universität zu Berlin) en conversation avec Cindy Olohou (chercheuse et commissaire indépendante), Rossila Goussanou (Musée Théodore Monod de Dakar) et les participant.e.s en ligne

Cette séance aborde la question de l’exposition des collections coloniales au prisme des enjeux de décolonisation, de circulation et de restitution des biens culturels entre l’Europe et l’Afrique. Comment ces questions charrient les pratiques professionnelles ? En quoi la mise en exposition participe-t-elle à faire évoluer (ou non) la conception et la perception des sujets évoqués depuis plusieurs perspectives ? Quelle est l’actualité et la marche des expositions aujourd’hui en Afrique, en Europe et ailleurs? Quelles tensions génèrent les différentes valeurs des œuvres ? Enfin comment se positionner sur le plan professionnel lorsque les référents culturels sont hiérarchisés ? Ces questions liées à l’exposition des collections coloniales, et par consequent, à la représentation des histoires et des présents africains et européens partagés, se sont aussi posées en urgence ces dernières années, parce que la majorité des anciens musées ethnographiques européens ont repensé leurs missions et ont ouvert leurs expositions permanentes, suscitant à répétition la déception dans les mondes professionnels des commissaires indepedantes, des artistes et des militants. Dans cette séance, nous nous pencherons sur des exemples concrets de pratiques curatoriales de collaboration qui ont relevé ces questions et défis.

Biographies

Honoré Tchatchouang Ngoupeyou est détenteur d’un doctorat/Ph. D. en Histoire économique et sociale de l’université de Dschang (2021), et d’un doctorat en Patrimoine de la CY Cergy Paris Université (2022). Il est également titulaire d’un diplôme international en conservation du patrimoine de l’Institut national du patrimoine-INP de Paris (2019). Il est spécialiste de la conservation dans les contextes africains et explore les approches de gestion et de préservation qui font dialoguer savoirs communautaires et normes de gestion institutionnelle. Entre 2008 et 2019, il fut acteur de La Route des Chefferies au Cameroun. Il collabore ou a collaboré avec plusieurs institutions muséales et de formation en Afrique (musée Théodore-Monod d’art africain et Musée des Civilisations noires de Dakar, musée national du Gabon, musée national Barthélemy Boganda de Bangui), en Autriche (université de Vienne dans le cadre du Global Conservation : Histories and Theories) et en France (Institut National du Patrimoine, musée des Confluences, musée du quai Branly Jacques-Chirac, Office de coopération et d’information muséales). Il fait partie du comité scientifique du projet de rénovation du musée de la Musique de Paris et participe actuellement en tant qu’expert aux projets phares de l’État béninois en matière de promotion des patrimoines et du développement touristique. D’autre part, il participe aux réflexions institutionnelles menées par l’École du Patrimoine Africain (EPA) et l’INP pour mettre en commun leurs pédagogies de formations respectives afin de permettre des échanges de stratégies d’ingénierie et d’offre pédagogique. Il est auteur de plusieurs articles scientifiques et a récemment coordonné le dossier « Objets et patrimoines des Grassfields : au-delà de la matière… en quête de chair » de la revue Trouble dans les collections (n° 5, 2023).

Margareta von Oswald est docteure en anthropologie de l’EHESS Paris et de la Humboldt-Universität zu Berlin. Elle travaille actuellement au Centre for Anthropological Research on Museums and Heritage de la Humboldt-Universität zu Berlin. Dans ses recherches et sa pratique curatoriale, elle s’intéresse aux patrimoines difficiles, et à la manière dont les musées peuvent devenir des lieux véritablement démocratiques et porteurs de changement. Elle a récemment publié sa première monographie Working through colonial collections. An Ethnography of the Ethnological Museum in Berlin (Leuven University Press, 2022). Ses publications comprennent The Resonant Museum. Berlin Conversations on Mental Health (Verlag der Buchhandlung Franz und Walther König, 2023, édité avec Diana Mammana), le curriculum Awkward Archives. Ethnographic Drafts for a Modular Curriculum (Archive books, édité avec Jonas Tinius, 2023), l’anthologie Across Anthropology. Troubling Museums, Colonial Legacies, and the Curatorial (Leuven University Press, 2020, édité avec Jonas Tinius), et Engaging Anthropological Legacies (numéro spécial de Museum Worlds, 2018, édité avec Henrietta Lidchi et Sharon Macdonald). Margareta collabore fréquemment avec des institutions d’art comme le Gropius Bau, KW Institute for Contemporary Art ou le Haus der Kulturen der Welt.

Rossila Goussanou est architecte et docteure en anthropologie. Ses travaux de recherche portent sur le renouvellement des grilles de lecture de lieux patrimoniaux tels que les musées et les lieux de mémoire, notamment à partir de concepts extra-occidentaux. Depuis février 2022, Rossila a débuté un contrat de recherche au sein du Musée Théodore Monod de Dakar, dans le cadre du projet de recherche international “Re-connecting “Objects”: Epistemic Plurality and Transformative Practices in and beyond Museums » coordonné par Bénédicte Savoy. Elle participe également activement à la conception du futur Musée International du Vodun (Porto-Novo, Bénin, 2025), en qualité de Secrétaire Exécutive du Comité de Préfiguration.
En parallèle, Rossila développe une pratique curatoriale portant sur la valorisation des cultures africaines, par exemple en assurant le commissariat des expositions « Si… Spéculation sur les usages futurs » (Musée Théodore Monod, Dakar, 2024) ; « Phoenix. Renaître de l’esclavage par le corps et la pierre » (MUSARTH, Pointe-à-Pitre, 2023 – La Cale des Créateurs, Nantes, 2022 – CCRI, Ouidah, 2022) ; “Afrocity, Urbanités enchantées” à l’ENSA Nantes (France, 2021) ou par l’étude de préfiguration de l’exposition « Sur la Route des Chefferies du Cameroun » au Musée du Quai Branly (France, 2022). Elle est également enseignante-vacataire à l’École Nationale Supérieure d’Architecture de Nantes depuis 2016 et à l’École Nationale Supérieure d’Architecture de Maurice depuis 2021.

Cindy Olohou est critique d’art et commissaire d’exposition indépendante. Elle a également co-fondé en 2018 l’agence Wasanii Ya Leo. Après des études de Lettres Modernes à la Sorbonne et un premier cycle à l’ École du Louvre, elle se spécialise en second cycle en arts contemporains d’Afrique et de ses diasporas. En parallèle, elle collabore avec le magazine IAM, Intense Art Magazine et l’agence culturelle Little Africa Paris, puis elle part au Cameroun pour travailler en tant que chargée de mission et muséologue au sein de l’association la Route des Chefferies, qui oeuvre à la valorisation du patrimoine camerounais. Membre du collectif Jeunes Critiques d’Art, elle mène une réflexion sur les questions postcoloniales et décoloniales en art contemporain, ainsi que sur le rapport à la tradition dans les pratiques muséales. Plus récemment, elle a rédigé le glossaire de l’ouvrage de Chris Cyrille et Sarah Matia Pasqualetti Mais le monde est une mangrovité … et participé à plusieurs catalogues d’expositions dont celui de l’exposition « Sur la Route des chefferies du Cameroun, du visible à l’invisible » au musée du Quai Branly dont elle a assuré le co-commissariat.

Imaginer/ Performer

15 mars 2024, 10h-11h30 CET Anna Seiderer (Université Paris 8/Vincennes-Saint Denis) et Espéra Donouvossi (Ecole du Patrimoine Africain) en conversation avec Bongile Gorata Lecoge-Zulu (artiste visuelle, musicienne, curatrice indépendante) Bronwyn Lace (Centre for the Less good Idea) et les participant.e.s en ligne

Cette session explore le caractère performatif de la trace du dé/colonial des archives à travers des gestes artistiques. Bronwyn Lace et Bongile Gorata Lecoge-Zulu partageront des recherches artistiques développées à l’issue de collaborations avec des institutions muséales française et allemande. Dans le cadre de la Saison 10 du Centre for the Less Good Idea, elles ont exploré les images d’archives coloniales, notamment celles du Dahomey réalisées en 1930 par Frédéric Gadmer et le père Francis Aupiais, à partir d’expérimentations artistiques collectives. Ce travail a été développé autour d’un Pepper’s Ghost, technique illusionniste de la fin du 19ème siècle. Ces propositions artistiques sont doublées d’une réflexion critique sur les imaginaires coloniaux mobilisés dans une approche institutionnelle dite décoloniale et soulignent le carcan normatif qu’ils préfigurent parfois.

Biographies

Anna Seiderer est maîtresse de conférences au département d’art à l’Université Paris 8/ Vincennes, Saint-Denis, chercheuse au laboratoire Arts des Images et art contemporain [AIAC/EPHA], associée au Laboratoire d’anthropologie des mondes contemporains [LAMC] et membre du comité éditorial de la revue Esclavages & Post~esclavages. Sa thèse en esthétique, soutenue par le département de philosophie de l’Université Paris X- Nanterre, l’Ecole Africaine du Patrimoine (EPA) et le Centre Africain des Hautes Etudes (CAHE), porte sur le concept de transmission à l’œuvre dans les musées postcoloniaux du Bénin. Elle a travaillé comme assistante de recherche à l’actuel Africa Museum pour coordonner le projet européen Réseau international des musées d’ethnographie et des cultures du monde [RIME] et accompagné les recherches artistiques sur les fonds d’archives coloniales du musée. Elle est co-commissaire (avec Anne-Marie Bouttiaux) de l’exposition itinérante Modernité Fétiche (2011), co-editrice du catalogue d’exposition éponyme et de l’ouvrage Une critique postcoloniale en acte. Les musées d’ethnographie contemporains sous le prisme des études postcoloniales (2014). Dans le cadre du projet de recherche Images animées, mémoires controversées [CINEMAF], elle a développé, en collaboration avec Didier Houénoudé (Université Abomey Calavi) et Bronwyn Lace (Center For The Less Good Idea), la recherche artistique sur les fonds d’archives coloniales. Parmi les publications récentes: « Images fantômes. Anamnèse colonial », in Alessandro Gori, Fabio Viti, eds., Africa in the World, the World in Africa / L’Africa nel mondo, il mondo in Africa, Milano, Biblioteca Ambrosiana, 2022, p. 217-235; “Aida. Prélude d’une conquête impériale”, Aida de Giuseppe Verdi, mise en scène­­ par Lotte de Beer, Programme de l’Opéra de Paris, Saison 2020/2021, pp. 49-53; Entretien sur Borderlands avec Jo Ractliffe dans A toi appartient le regard et (…) La liaison infinie entre les choses, Christine Barthe (ed.), Musée du quai Branly/Actes Sud, pp.38-45; “Animating collapse. Reframing colonial film archives”, with Alexander Schellow, in Across Anthropology. Troubling Colonial Legacies, Museums, and the Curatorial, by Margareta von Oswald and Jonas Tinius. Leuven: Leuven University Press, pp. 187-209; « Réflexivité à l’œuvre. Performativité du « musée palais royal » d’Abomey”, in « Museums and religious heritage : Post-colonialist and post-socialist perspectives », Civilisations, vol.71, pp. 85-111; “Recaptioning Congo. African stories and colonial pictures”, entretien avec Sandrine Colard, L’Art Même (89), pp.68-70.

Espéra Donouvossi est titulaire d’un master du département des sciences du langage et de la communication de l’université d’Abomey-Calavi au Bénin. Entre 2007 et 2014, il a vécu et travaillé en Afrique du Sud avant de rejoindre la Chaire Unesco en politique et gestion culturelles à l’Université des arts de Belgrade en Serbie. En 2018, il a terminé un programme d’études de master conjoint en gestion de projets et d’institutions culturels en coopération avec l’Université Lumière, Lyon 2, en France. Son mémoire de Master porte sur les recommandations et les stratégies de plaidoyer et de gestion pour la restitution du patrimoine culturel béninois des musées français.
Actuellement, Espera est candidat au doctorat à l’université de Cape Coast au Ghana et à l’université de Hildesheim en Allemagne, où il étudie la conception de politiques structurelles et participatives pour soutenir des systèmes durables de gouvernance du patrimoine culturel béninois. Avec plus de 10 ans d’expérience dans le secteur culturel africain, il a été profondément impliqué dans la création, le développement et la coordination de plusieurs organisations et programmes culturels à plein temps dans la plupart des pays africains. Il est animé d’une grande passion pour les industries culturelles et créatives africaines et son objectif personnel est de devenir un expert en matière de politique culturelle.

Bronwyn Lace a obtenu sa licence en beaux-arts à l’université de Witwatersrand, à Johannesburg, en 2004. La spécificité du site est l’une des choses qui stimulent son imagination. Lace concentre sa pratique sur les relations entre l’art et d’autres domaines, notamment la physique, la pratique muséale et la philosophie. Elle choisit de travailler avec des éléments trouvés, recyclés et réutilisés et construit souvent ses installations complexes de manière réactive et in situ.
Les expositions de Lace incluent 2019 CrossSections and Climbing Through The tide, une exposition de groupe organisée par Başak Senova, qui a voyagé de Tunis, en Tunisie, à Stockholm, en Suède, et à Helsinki, en Finlande ; 2018 : MIRROR | MIRROR, une exposition individuelle à Everard Read, Johannesburg, Afrique du Sud ; 2017 : Bred in the Bone, une exposition solo à Circa, Cape Town, Afrique du Sud ; Dead Gardens, une exposition collective organisée par Olimpia Bera, Cluj Napoca, Roumanie ; 2016 : KulturKontakt, une exposition de groupe dans le cadre de la résidence 2016 de la Chancellerie fédérale autrichienne, Vienne, Autriche ; Bronze, Steel and Stone, une exposition de groupe à Everard Read, Londres, Royaume-Uni ; 2015 : Response, une exposition pour deux personnes, Johannesburg, Afrique du Sud ; Response, une présentation d’exposition au National Smithsonian Museum of African Art, Washington, États-Unis ; 2014 : Teeming, exposition individuelle à SpekePhotographic, Johannesburg, Afrique du Sud ; 2013 : Resuscitate, exposition personnelle à Nirox Project Space, Johannesburg, Afrique du Sud ; 2012 : A Tendency Towards Complexity, exposition personnelle à CIRCA on Jellico, Johannesburg, RSA.
En 2013, Lace a co-achevé un livre et un film commandés liés à des projets communautaires collaboratifs qu’elle a co-initiés en Afrique du Sud. Lace est actuellement codirectrice du Centre for the Less Good Idea, un incubateur interdisciplinaire pour les arts basé à Johannesburg, en Afrique du Sud. Fondé par William Kentridge, le Centre crée et soutient des projets artistiques expérimentaux, collaboratifs et transdisciplinaires. Lace vit et travaille à Vienne, en Autriche.

Bongile Gorata Lecoge-Zulu est une artiste basée à Johannesburg. Elle est titulaire d’une licence en musique et d’une maîtrise en arts (University of the Witwatersrand, Johannesburg), ainsi que d’une licence en interprétation de la flûte (LRSM). Lecoge-Zulu s’est produite dans des ensembles, des groupes et des théâtres dans toute l’Afrique australe, et est membre à plein temps de la Drama for Life Playback Theatre Company. La pratique créative de Lecoge-Zulu est profondément ancrée dans une approche collaborative interdisciplinaire qui l’amène souvent à s’engager dans des projets collectifs expérimentaux. Une grande partie de ses recherches porte sur les possibilités générées par la fusion de la musique et du son avec d’autres formes d’art.
Elle travaille (et joue !) dans et à travers la performance contemporaine, la musique, le théâtre, l’éducation, l’écriture et la conservation – sa pratique est donc profondément collaborative, collective et générative. Les mondes d’expression qu’elle explore, découvre et crée fréquemment avec les notions de traduction au-delà du texte, dans un effort continu pour franchir les frontières entre les disciplines. La saison 8 du Centre for the Less Good Idea a été organisée par la performeuse, musicienne, écrivaine et éducatrice Bongile Gorata Lecoge-Zulu, et a utilisé les provocations de Breath & Mythology pour produire un programme de nouvelles œuvres collaboratives, expérimentales et interdisciplinaires.
Les performances qui composent le programme de travail de la saison 8 font la part belle à la musique, au physique et au narratif, et sont à la fois humoristiques, absurdes et contemplatives. En outre, une exposition multimédia a été présentée pendant toute la durée de la saison. Intitulée Thinking in Poetry and Cardboard, l’exposition sert d’archive au programme de mentorat Thinking in Cardboard de la SO Academy et au projet 100 poèmes de The Khala Series 2021, sous la direction du poète Upile Chisala.

Journée d’étude

Dans le cadre de sa résidence à la Villa Médicis, l’Académie des Traces a co-organisé avec le département d’histoire de l’art de l’Académie de France et avec le Museo delle Civiltà une journée d’étude hybride dédiée à l’héritage de/colonial dans les musées, le 9 avril 2024. Le 10 avril, une rencontre intitulée “Le pavillon béninois à la Biennale de Venise 2024” a réuni Yassine Lassissi, directrice des arts visuels de l’Agence de développement des arts et de la culture (ADAC), représentant le comité d’organisation du pavillon béninois, et Frank Ogou, directeur de l’École du Patrimoine Africain. Pour clore le programme, Anna Seiderer a programmé une cinéma-conférence autour du thème “Archives en mouvement”, dédiée à la question “De quoi les archives coloniales sont-elles la trace?“
Programme Villa Medici Journée d’étude de l’Académie des Traces à l’Académie de France à Rome L’héritage dé/colonial au musée : comprendre, questionner, transformer. 9 avril 2024, 9h30-17h, Villa Médicis, Rome, Italie Dans le cadre de sa résidence à la Villa Médicis, l’Académie des Traces organise une journée d’étude dédiée à l’héritage de/colonial dans les musées, en étroite collaboration avec le département d’histoire de l’art de l’Académie de France à Rome et le Museo delle Civiltà. L’ambition de cette journée est de remettre sur le métier le travail mené par l’Académie des Traces à Berlin, en l’ouvrant à de nouvelles perspectives croisées avec l’Italie. L’atelier s’articulera autour de quatre thématiques: Restituer/ Rapatrier Représenter / Exposer Acquérir/ Approprier Imaginer/ Performer Chaque thématique fera l’objet d’une session, structurée en quatre courts exposés ne dépassant pas une durée de 5 minutes. Ces “impulsions” fourniront la matière d’une discussion d’une durée de 45 minutes qui sera modérée par des membres des équipes de l’Académie des Traces, de la Villa Médicis et du Museo delle Civilità. Les langues d’intervention seront le français et l‘anglais. Elles ne feront pas l’objet d’une traduction. La manifestation aura lieu à la Villa Médicis et en ligne, selon un format hybride. Les frais de déplacement et de séjour seront à la charge des participant.e.s. Mardi 9 avril 2024 Journée d’étude (modalité hybride) Académie de France à Rome – Grand Salon et en ligne 9h30 Accueil et Introduction Sam Stourdzé, directeur de l’Académie de France à Rome Julie Sissia (Centre Marc Bloch) et Margareta von Oswald (Humboldt-Universität zu Berlin), Présentation de l’Académie de Traces 10h-11h Restituer/ Rapatrier Modération: Damiana Otoiu (Université de Bucarest), Franck Ogou (Ecole du Patrimoine Africain) Aliénor Brittmann (Ecole normale supérieure Paris-Saclay) La restitution des biens culturels en Italie : perspectives juridico-historiques croisées (en français, en ligne) Marian Nur Goni (Université Paris 8) ‘Do ut des’, empathie ? Le cas de l’Italie dans le premier débat sur les restitutions de collections saisies en contexte colonial (en français, en ligne) Beatrice Falcucci (Universitat Pompeu Fabra Barcelona) The Italian empire’s collections during the Republican era (en anglais, en ligne) Francesco Lattanzi (Sapienza Università di Roma) Terre d’exil, terre de retour. Histoires et interprétations du rapatriement d’Ataï Kanaky Nouvelle-Calédonie (en français, en présence) 11h-11h30 Pause café 11h30-12h30 Représenter/Exposer Modération : Margareta von Oswald (Humboldt Universität zu Berlin) et Honoré Tchatchouang (Ecole du Patrimoine Africain) Nicola Lo Calzo (ENSAPC Paris-Cergy) L’héritage politique de Benoit le Maure, entre (sous)répresentation et réappropriation (en français, en ligne) Giovanna Leone (Sapienza, Università di Roma) Le projet CONCILIARE: CONfidetly changing colonial heritage (en français, en présence) Chiara Ianeselli (MAXXI Med) Beyond Words: Labels and the Power of Shaping of Narratives (en anglais, en présence) 12h30 – 14h Déjeuner 14h-15h Acquérir/ Approprier Modération: Franck Pacéré (Ecole du Patrimoine Africain) et Didier Houénoudé (Université Abomey Calavi) Richard Bertin Tsogang Fossi (Université Technique de Berlin) Une amulette pour une girafe, entre Rome et Berlin (en français, en ligne) Sofia Bollo (ICOM Italia) The new ICOM Italy Working Group on Provenance and Decolonization (en anglais, en ligne) Antonia Schmidt (Museen Stade) La propre histoire: Confronter et transformer l’héritage colonial à l’aide d’un point de vue régional dans les musées d’Italie et d’Allemagne (en français, en ligne) Elisabeth Anstett (CNRS) De la relique au déchet, et retour. À propos de “cadavres dans le placard” et de la mise en réserve de restes humains (en français, en présence) 15h30-16h30 Imaginer/ Performer Modération: Anna Seiderer (Université Paris 8) et Espéra Donouvossi (Ecole du Patrimoine Africain) Christine Bluard, Prisca Tankwey et Paulvi Ngimbi (AfricaMuseum Tervuren) La performance comme espace-temps critique dans un ancien musée colonial (en français, en ligne) Patrick Mudekereza Bulonza (Université Libre de Bruxelles et Centre d’art Waza) La création artistique comme outil de médiation culturelle et de resocialisation (en français, en ligne) Farah Dramani Issifou (Harvard university) Restitute African Film Archives (en français, en ligne) 16h30-17h Conclusion 17h30-18h30 Rencontre avec Séverine Ballon, compositrice et violoncelliste, pensionnaire 19h Aperitivo Informations Académie de France à Rome – Villa Médicis, Viale della Trinità dei Monti, 1 – 00187 Roma, Grand Salon Mercredi 10 avril Rencontre et conférence-projection Académie de France à Rome – Salle de cinéma Ouvert au public sur inscription 18h00 Le pavillon béninois à la Biennale de Venise 2024 Avec Yassine Lassissi, directrice des arts visuels de l’Agence de développement des arts et de la culture (ADAC), représentant le comité d’organisation du pavillon béninois à la biennale de Venise et Frank Ogou, directeur de l’Ecole du Patrimoine Africain. 20h30-23h00 Archives en mouvement. Soirée cinéma-conférence, programmation Anna Seiderer De quoi les archives coloniales sont-elles la trace ? Cette programmation déplie cette question à travers un ensemble de films réalisés avec des archives coloniales remontées, détournées, déplacées et performées. Elle explore le caractère expérimental des archives coloniales par les gestes qui les animent et renouvèlent l’adresse de ces images du passé. Et les chiens se taisaient (1978), Sarah Maldoror, 13mn The Master is Drowning (2012), Penny Siopis, 10mn Whisper Gatherer (2023), Anathi Conjwa, 4mn Gogo (2023), Dikeledi Modubu, 4mn Oltramare (Colonies fascistes) (2017), Loredana Bianconi, 83mn