Édition 2024


L’édition 2024 de l’Académie des Traces se structure autour de trois moments : l’Atelier en ligne, l’Ecole de Printemps à Berlin, et la Journée d’étude à la Villa Médicis à Rome.

Elle s’articule autour de quatre thématiques :

Acquérir/Approprier; Restituer/Rapatrier; Représenter/ Exposer; Imaginer/ Performer.

Ces quatre axes constituent des points d’entrée pour interroger l’héritage colonial dans les musées et plus particulièrement les modes d'acquisition, la représentation et la muséographie, le retour aux archives, les réécritures par des pratiques artistiques et enfin la propriété des collections et les restitutions.


Atelier en ligne | Journée d’étude | Académicien.ne.s 2024

Atelier en ligne


L’atelier en ligne est ouvert à tous et à toutes. Il se déroule en anglais et en français, et les sessions plénières font l’objet d’une traduction simultanée dans les deux langues. Il est obligatoire de s’inscrire à chaque séance (un lien par séance, voir ci-dessous).

L’atelier en ligne a pour objectif d’apporter un éclairage pluriel sur l’héritage colonial dans les musées. Nous souhaitons encourager le dialogue constant entre participant.e.s issu.e.s des continents africain et européen, en offrant des temps privilégiés de discussions et d’échanges, en session plénière comme en petits groupes. Le format numérique permet à la fois de réunir un grand nombre de participant.e.s, et de donner la parole à des expert.e.s internationaux, et notamment à de nombreux.ses intervenant.e.s du continent africain.

Chaque séance sera ouverte par Julie Sissia et Margareta von Oswald, puis introduite par un binôme de modérateur.e.s. qui présenteront les grands enjeux de la thématique de la séance. Puis, deux interventions courtes se succéderont, ouvrant des perspectives de discussions en plus petits groupes. Ainsi, chaque session favorise la prise de parole de chacun.e et la rencontre entre les participant.e.s.

Le lancement du livre Traces du dé/colonial au musée (Editions Horizons d’Attente, 2024), édité par plusieurs membres de l’équipe de l'Académie des Traces, Anna Seiderer, Damiana Otoiu, Felicity Bodenstein et Margareta von Oswald, constitue le point d’orgue de ces quatre séquences en ligne (séance en hybride depuis le Centre Marc Bloch). Le lancement a lieu lors de l’École de printemps de Berlin, permettant aux Académicien.nes de réagir au livre sur place.

Acquérir/ Approprier

9 février 2024, 10h - 11h30 CET

Felicity Bodenstein (Sorbonne Université) et Paule-Clisthène Dassi Koudjou (Ecole du Patrimoine Africain) en conversation avec Rachel Mariembe (l’Institut des Beaux-Arts de Nkongsamba),Richard Tsogang Fossi (Technische Universität Berlin) et les participant.e.s en ligne

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Cette séance sera dédiée à comprendre les pratiques actuelles en termes de recherche sur l'histoire des collections africaines. Cette recherche se manifeste dans différentes méthodologies : des “biographies d’objets” en passant par des projets de “provenance” ou une “histoire des collections inversées”et répond à des intentions et besoins variables qu’elle soit menée depuis le musée ou dans le monde universitaire. La notion de provenance en particulière ne s’applique que depuis quelques années à la politique de recherche sur les biens culturels africains, et cela d’abord dans le contexte allemand et de façon croissante en Europe. Or, comment la notion de provenance est-elle comprise sur le continent africain? Qui sont les acteurs africains qui cherchent aujourd’hui à recentrer la recherche sur l’histoire des collections en se concentrant sur les contextes de collecte ou de saisie en Afrique? Quels formats de collaboration existe-t-ils avec les institutions européennes et que signifie ce dialogue à distance avec des séjours des spécialistes des pays d’origine ou une implication ad-hoc de représentants de la diaspora ? Comment les communautés d’origines sont-elles impliquées dans ce processus ?

Biographies

Felicity Bodenstein est historienne de l’art, spécialiste de l’histoire de musées et des collections. Depuis 2019, elle est maîtresse de conférence à Sorbonne Université en histoire de l’art contemporain et du patrimoine. Elle a soutenu sa thèse en 2015 à l’Université de Paris-Sorbonne sur L’histoire du Cabinet des médailles et antiques de la Bibliothèque nationale (1819-1924). Depuis 2015, grâce à des bourses au Kunsthistorisches Institut à Florence, au musée du quai Branly-Jacques Chirac et à la Technische Universität à Berlin dans le groupe “Translocations”, dirigé par Bénédicte Savoy, elle travaille sur le cas d’un butin de guerre pris à Benin City (aujourd’hui au Nigeria) en 1897 et l’histoire de la dispersion des objets. Depuis 2020, elle codirige le projet Digital Benin, basé au Museum am Rothenbaum. Kulturen und Künste der Welt (MARKK). Ce projet rassemble pour la première fois les données de 131 institutions sur plus de 20 pays et permet de recenser près de 5000 pièces de Benin City et de les mettre en relation avec des savoirs co-construits entre chercheurs nigérians et européens. Quelques publications récentes sont: Felicity Bodenstein, Damiana Oţoiu and Eva-Maria Troelenberg, 2022. Contested Holdings: Museum Collections in Political, Epistemic and Artistic Processes of Return, Oxford, New York: Berghahn Books; Felicity Bodenstein (ed), 2020. “Africa: Trade, Traffic, Collections,” Journal for Art Market Studies, volume 4, number 1, at https://fokum-jams.org/index.php/jams/article/view/119.

Paule-Clisthène Dassi Koudjou, conservatrice du patrimoine en spécialité musée, diplômée de l’Institut national du Patrimoine de Paris. Elle est responsable de la conservation de l'ensemble des musées du réseau du programme de la Route des Chefferies au Cameroun. Ancienne directrice du musée Royal de Batoufam. Elle participe au développement des musées des chefferies au Cameroun et à travailler sur l'exposition "Sur la Route des Chefferies, du visible à l'Invisible" au musée du quai Branly Jacques Chirac en 2022. Membre du réseau d’experts de l’EPA (Ecole du Patrimoine Africain), elle suit également la formation du DU de Paris Nanterre sur "La recherche de Provenance des œuvres d'arts". Elle travaille sur la recherche de provenance et la documentation des collections africaines et camerounaises dans les musées européens. En Allemagne, elle a participé aux programmes "PEACE" en Basse Saxe de 2019 à 2021, le "The Museum LaB" 2021 avec le Naturkunde Museum de Berlin, le Humboldt Forum et le Rautenstrauch-Joest Museum de Cologne en 2021 et 2023. Le projet "Provenienz Forschung" de l’Université Jean Gutenberg de Mayence en avril 2023 sur les collections camerounaises. En France, elle axe ses travaux sur l’étude et la documentation des collections ethnographiques du Cameroun au Muséum d’Histoire Naturelle de La Rochelle en 2022 et 2023. La valorisation du patrimoine africain en Afrique et dans les musées occidentaux et la recherche de provenance des œuvres issus de la période coloniale sont ses principaux centres de recherches.

Richard Tsogang Fossi est germaniste, spécialisé dans les études littéraires et culturelles, l´histoire coloniale allemande et la mémoire coloniale. Ces dernières années, il a participé à différents projets de recherche sur les topographies mémorielles transnationales germano-camerounaises à l'Université Heinrich Heine de Düsseldorf. En tant que didacticien, il a aussi mené des recherches sur les manuels scolaires des pays ex-colonies allemandes et la manière dont ces pays se servent des manuels scolaires comme moyens de mise en perspective de l'histoire coloniale allemande et comme média de la mémoire coloniale. Il a également été membre de l´équipe curatoriale de l´exposition « Hey Hamburg, kennst Du Rudolf Dualla Manga Bell ?", présentée au musée ethnologique de Hambourg (devenu MARKK) depuis 2020. Au centre de ses recherches se trouve aussi la question de provenance des biens culturels emportés de manière violente et illégale en période coloniale, et la manière dont les savoirs sont construits autour de ces biens dans le paysage muséal allemand. Actuellement, il est membre de l´équipe de recherche sur le patrimoine camerounais à l'Université technique de Berlin. Ce projet, initié par les professeur.e.s Bénédicte Savoy et Albert Gouaffo et financé par la « Deutsche Forschungsgemeinschaft – DFG - », et intitulé "Reverse Collection Stories. Mapping Art and culture from Cameroon in German Museums », a abouti dans sa première phase à la parution du livre Atlas der Abwesenheit. Kameruns Kulturerbe in Deutschland (https://www.tu.berlin/kuk/forschung/projekte/laufende-forschungsprojekte/umgekehrte-sammlungsgeschichten-mapping-kamerun-in-deutschen-museen/atlas-der-abwesenheit).
Pour un aperçu de ses différentes publications, bien vouloir suivre le lien ci-dessus : https://www.tu.berlin/kuk/ueber-uns/team/wissenschaftliche-mitarbeiterinnen/dr-richard-tsogang-fossi.

Rachel Mariembe est titulaire d’une thèse en Sciences du Patrimoine. Chef de Département Patrimoine et Muséologie à l’Institut des Beaux-Arts de Nkongsamba, Coordonnateur du Laboratoire Science du Patrimoine de l’UFD Arts et Sciences du Patrimoine de l’École Doctorale Sciences Sociales et Humaines de l’Université de Douala, elle a participé à la réalisation de sept musées communautaires au Cameroun ainsi qu’à l’exposition « Sur la Route des Chefferie du Cameroun : Du visible à l’invisible » au Musée du Quai Branly Jacques Chirac. Très active dans le domaine de recherche de provenance, de restitution et de retour des objets du Cameroun dans les musées occidentaux, les recherches de partenariat, la sensibilisation des Collectivités Territoriales Décentralisées à l’importance de la valorisation du patrimoine culturel, elle a participé à l’élaboration du dossier d’inscription du Festival Nguon sur la Liste Représentative du Patrimoine Culturel Immatériel de l’Humanité ainsi qu’à l’inscription de la ville de Nkongsamba au Réseau des Villes Créatives de l’UNESCO. Les problématiques des Industries Culturelles et Créatives, de l’implication des communautés dans le processus de valorisation du patrimoine culturel, de conservation communautaire, le développement touristique des territoires au travers des éléments culturels matériels et immatériels et la recherche de provenance sont ses principaux centres de recherche.

Restituer/ Rapatrier

23 février 2024, 10h-11h30 CET

Damiana Oţoiu (Université de Bucarest) et Franck Ogou (Ecole du Patrimoine Africain) en conversation avec Jacques Aguia Daho (Université d’Abomey Calavi), Placide Mumbembele Sanger (Université de Kinshasa) et les participant.e.s en ligne

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La remise en question du musée en tant que propriétaire légitime de certaines collections issues du contact colonial est un enjeu majeur des politiques muséales contemporaines. Les anciens musées ethnographiques sont particulièrement concernés, étant donné l’imbrication entre l’histoire des institutions muséales, des sciences anthropo-biologiques et celle des conquêtes coloniales. Les demandes de restitution de biens culturels et de restes humains se sont multipliées après le discours prononcé en novembre 2017 par le président Macron à l'université de Ouagadougou, dans lequel il avait exprimé son souhait que «d’ici cinq ans les conditions soient réunies pour des restitutions temporaires ou définitives du patrimoine africain en Afrique». Dans cette séance nous nous proposons tout d’abord d’historiciser les débats contemporains, et de montrer comment ces interrogations historiques, éthiques, politiques sont formulées à différents moments et dans différents contextes. Ensuite, lnous montrons que le thème de la restitution des collections muséales lance, avant tout, un défi épistémique : imaginer des collaborations entre les chercheurs, les professionnels des musées et les populations autochtones.


Biographies

Damiana Oţoiu est anthropologue du politique et du droit, docteure en sciences sociales et politiques de l’Université Libre de Bruxelles (2010). Elle est actuellement maîtresse de conférences en anthropologie politique à la Faculté de Sciences Politiques de l’Université de Bucarest. Elle a enseigné, entre autres, à l'Université Paris 8 Vincennes Saint Denis, à l'Ecole des Hautes Etudes en Sciences Sociales Marseille et Paris, à l'Université du Cap Occidental, Le Cap. Ses recherches portent sur la manière dont le droit de propriété sur les collections muséales est (re)défini et contesté dans des contextes postcoloniaux. Elle mène des recherches anthropologiques en République démocratique du Congo, en Afrique du Sud, en France et en Belgique. Ses recherches ont été financées grâce à des financements européens (par exemple Marie Curie International Fellowship for Experienced Researchers), à des bourses offertes par des instituts d’études avancées (i.e. New Europe College, Bucarest ou Institut für die Wissenschaften vom Menschen, Vienne), ou à des visiting fellowships (i.e. l’Institut Max Planck d’Anthropologie Sociale de Halle; LSE, Londres; Woodrow Wilson International Center for Scholars, Washington DC; IFAS Recherche, Johannesburg). Damiana a coordonné plusieurs projets de recherche, dont Museums and Controversial Collections. Politics and Policies of Heritage-Making in Post-colonial and Post-socialist Contexts (2015-17) et Pratiques décoloniales dans les collections muséales (Europe et Afrique subsaharienne) : Histoires locales et circulations globales (2021-22). Quelques publications récentes sont: Felicity Bodenstein, Damiana Oţoiu et Eva-Maria Troelenberg (eds.), Contested Holdings: Museum Collections in Political, Epistemic and Artistic Processes of Return, Oxford, New York, Berghahn Books, 2022; Damiana Oţoiu, « Diaspora(s) », « communautés d’origine » et collections muséales. Collaboration et controverses autour de la rénovation du Musée Royal de l’Afrique Centrale, à Tervuren in New Europe College Yearbook, 2018-2019, NEC, Bucarest, 2023, pp. 169-194.

Franck Ogou est gestionnaire du patrimoine culturel, spécialiste du patrimoine africain. Il est titulaire d’une thèse de doctorat en Patrimoine et archéologie et travaille depuis une quinzaine d’années à l’Ecole du Patrimoine Africain qu’il dirige depuis janvier 2019. En effet, l’Ecole du Patrimoine Africain-EPA est un établissement universitaire à vocation internationale, spécialisé dans la conservation et la médiation du patrimoine culturel tangible et intangible (matériel et immatériel). Elle couvre prioritairement les 26 pays francophones, lusophones et hispanophones et Afrique au Sud du Sahara et de façon plus large elle apporte son expertise à tous les pays africains qui le souhaite à travers les programmes de formation et de renforcement de capacités, de mise en œuvre de projets culturels. A ce titre, il a dirigé plusieurs programmes de formation et a coordonné des projets de préservation et de valorisation du patrimoine culturel africain. Il a été membre très actif des comités mis en place par le Bénin pour la restitution.

Placide Mumbembele Sanger est docteur en Sciences politiques et sociales de l’Université libre de Bruxelles où il a défendu en 2015 une thèse de doctorat intitulée Les musées, témoins de la politique culturelle, de l'époque coloniale à nos jours, en République démocratique du Congo. Il enseigne actuellement l'histoire des musées du Congo à l'Université de Kinshasa. Ses recherches traitent de la question des musées et patrimoines culturels en contexte africain (post)colonial. Son intérêt actuel porte sur la question de restitution des biens culturels entre la Belgique et la République démocratique du Congo. Il est membre du Conseil scientifique de la Commission nationale chargée de rapatriement des biens culturels, des archives et des restes des corps humains soustraits du patrimoine culturel congolais, ainsi que membre du Comité scientifique de pilotage « Héritages coloniaux et décolonisation » à l’Université Libre de Bruxelles. Publications récentes: “Le retour du masque kakuungu en République démocratique du Congo : au-delà du geste”. In S.Van Beurden, D. Gondola et A. Lacaille (eds.), (Re)Making Collections : Origins, Trajectories & Reconnections, Musée royal de l’Afrique centrale, Tervuren, 2023 et A long Term Perspectives on the Issue of the Return of Congolese Cultural objects. Entangled Relations between Kinshasa and Tervuren (1930-1980), in Felicity Bodenstein, Damiana Oţoiu et Eva-Maria Troelenberg (eds.), Contested Holdings: Museum Collections in Political, Epistemic and Artistic Processes of Return, Oxford, New York, Berghahn Books, 2022.

Jacques Aguia Daho, est enseignant chercheur, Maître de conférences dans la spécialité Sociologie du développement à l’Université nationale d’Agriculture (UNA) et à l’Université d’Abomey-Calavi (UAC) au Bénin. Il est Chercheur associé au Laboratoire Anthropologie, Archéologie, Biologie (en France), Chef du Département Publication et Vulgarisation du Laboratoire d'Analyse et de Recherche Religions, Espaces et Développement (LARRED) de l’Université d’Abomey-Calavi.
Il est membre de différents laboratoires de recherche spécialisés et a à son actif plus d’une vingtaine d’articles scientifiques et deux ouvrages consacrés aux politiques publiques, aux savoirs locaux, à la santé et aux religions. Précédemment Conseiller technique au suivi des réformes et des projets du Ministre en charge de la formation technique et professionnelle et responsable en charge l’élaboration de la Stratégie nationale de l’Enseignement et la formation techniques et professionnels et de la Table ronde technique internationale organisée à cet effet. Actuel Directeur adjoint de Cabinet du Ministre en charge de la culture, il a coordonné pour le compte du Ministère la conception et la mise en œuvre des différents protocoles relatifs à la restitution des biens culturels du Bénin par la France, à leur accueil ainsi qu’à leur exposition. Il est membre de la coordination du Programme de recherche "Restitution des biens culturels du Bénin : entre politiques publiques et enjeux patrimoniaux" que pilote l’Ecole du Patrimoine Africain (EPA).

Représenter/ Exposer

8 mars 2024, 10h-11h30 CET

Honoré Tchatchouang (Ecole du Patrimoine Africain) et Margareta von Oswald (Humboldt-Universität zu Berlin) en conversation avec Cindy Olohou (chercheuse et commissaire indépendante), Rossila Goussanou (Musée Théodore Monod de Dakar) et les participant.e.s en ligne

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Cette séance aborde la question de l'exposition des collections coloniales au prisme des enjeux de décolonisation, de circulation et de restitution des biens culturels entre l’Europe et l’Afrique. Comment ces questions charrient les pratiques professionnelles ? En quoi la mise en exposition participe-t-elle à faire évoluer (ou non) la conception et la perception des sujets évoqués depuis plusieurs perspectives ? Quelle est l'actualité et la marche des expositions aujourd'hui en Afrique, en Europe et ailleurs? Quelles tensions génèrent les différentes valeurs des œuvres ? Enfin comment se positionner sur le plan professionnel lorsque les référents culturels sont hiérarchisés ? Ces questions liées à l'exposition des collections coloniales, et par consequent, à la représentation des histoires et des présents africains et européens partagés, se sont aussi posées en urgence ces dernières années, parce que la majorité des anciens musées ethnographiques européens ont repensé leurs missions et ont ouvert leurs expositions permanentes, suscitant à répétition la déception dans les mondes professionnels des commissaires indepedantes, des artistes et des militants. Dans cette séance, nous nous pencherons sur des exemples concrets de pratiques curatoriales de collaboration qui ont relevé ces questions et défis.


Biographies

Honoré Tchatchouang Ngoupeyou est détenteur d’un doctorat/Ph. D. en Histoire économique et sociale de l’université de Dschang (2021), et d’un doctorat en Patrimoine de la CY Cergy Paris Université (2022). Il est également titulaire d’un diplôme international en conservation du patrimoine de l’Institut national du patrimoine-INP de Paris (2019). Il est spécialiste de la conservation dans les contextes africains et explore les approches de gestion et de préservation qui font dialoguer savoirs communautaires et normes de gestion institutionnelle. Entre 2008 et 2019, il fut acteur de La Route des Chefferies au Cameroun. Il collabore ou a collaboré avec plusieurs institutions muséales et de formation en Afrique (musée Théodore-Monod d’art africain et Musée des Civilisations noires de Dakar, musée national du Gabon, musée national Barthélemy Boganda de Bangui), en Autriche (université de Vienne dans le cadre du Global Conservation : Histories and Theories) et en France (Institut National du Patrimoine, musée des Confluences, musée du quai Branly Jacques-Chirac, Office de coopération et d’information muséales). Il fait partie du comité scientifique du projet de rénovation du musée de la Musique de Paris et participe actuellement en tant qu’expert aux projets phares de l’État béninois en matière de promotion des patrimoines et du développement touristique. D'autre part, il participe aux réflexions institutionnelles menées par l’École du Patrimoine Africain (EPA) et l'INP pour mettre en commun leurs pédagogies de formations respectives afin de permettre des échanges de stratégies d’ingénierie et d’offre pédagogique. Il est auteur de plusieurs articles scientifiques et a récemment coordonné le dossier « Objets et patrimoines des Grassfields : au-delà de la matière… en quête de chair » de la revue Trouble dans les collections (n° 5, 2023).

Margareta von Oswald est docteure en anthropologie de l’EHESS Paris et de la Humboldt-Universität zu Berlin. Elle travaille actuellement au Centre for Anthropological Research on Museums and Heritage de la Humboldt-Universität zu Berlin. Dans ses recherches et sa pratique curatoriale, elle s’intéresse aux patrimoines difficiles, et à la manière dont les musées peuvent devenir des lieux véritablement démocratiques et porteurs de changement. Elle a récemment publié sa première monographie Working through colonial collections. An Ethnography of the Ethnological Museum in Berlin (Leuven University Press, 2022). Ses publications comprennent The Resonant Museum. Berlin Conversations on Mental Health (Verlag der Buchhandlung Franz und Walther König, 2023, édité avec Diana Mammana), le curriculum Awkward Archives. Ethnographic Drafts for a Modular Curriculum (Archive books, édité avec Jonas Tinius, 2023), l'anthologie Across Anthropology. Troubling Museums, Colonial Legacies, and the Curatorial (Leuven University Press, 2020, édité avec Jonas Tinius), et Engaging Anthropological Legacies (numéro spécial de Museum Worlds, 2018, édité avec Henrietta Lidchi et Sharon Macdonald). Margareta collabore fréquemment avec des institutions d’art comme le Gropius Bau, KW Institute for Contemporary Art ou le Haus der Kulturen der Welt.

Rossila Goussanou est architecte et docteure en anthropologie. Ses travaux de recherche portent sur le renouvellement des grilles de lecture de lieux patrimoniaux tels que les musées et les lieux de mémoire, notamment à partir de concepts extra-occidentaux. Depuis février 2022, Rossila a débuté un contrat de recherche au sein du Musée Théodore Monod de Dakar, dans le cadre du projet de recherche international "Re-connecting “Objects”: Epistemic Plurality and Transformative Practices in and beyond Museums » coordonné par Bénédicte Savoy. Elle participe également activement à la conception du futur Musée International du Vodun (Porto-Novo, Bénin, 2025), en qualité de Secrétaire Exécutive du Comité de Préfiguration.
En parallèle, Rossila développe une pratique curatoriale portant sur la valorisation des cultures africaines, par exemple en assurant le commissariat des expositions « Si… Spéculation sur les usages futurs » (Musée Théodore Monod, Dakar, 2024) ; « Phoenix. Renaître de l’esclavage par le corps et la pierre » (MUSARTH, Pointe-à-Pitre, 2023 - La Cale des Créateurs, Nantes, 2022 - CCRI, Ouidah, 2022) ; "Afrocity, Urbanités enchantées" à l'ENSA Nantes (France, 2021) ou par l'étude de préfiguration de l'exposition « Sur la Route des Chefferies du Cameroun » au Musée du Quai Branly (France, 2022). Elle est également enseignante-vacataire à l'École Nationale Supérieure d'Architecture de Nantes depuis 2016 et à l'École Nationale Supérieure d'Architecture de Maurice depuis 2021.

Cindy Olohou est critique d’art et commissaire d’exposition indépendante. Elle a également co-fondé en 2018 l’agence Wasanii Ya Leo. Après des études de Lettres Modernes à la Sorbonne et un premier cycle à l’ École du Louvre, elle se spécialise en second cycle en arts contemporains d’Afrique et de ses diasporas. En parallèle, elle collabore avec le magazine IAM, Intense Art Magazine et l’agence culturelle Little Africa Paris, puis elle part au Cameroun pour travailler en tant que chargée de mission et muséologue au sein de l’association la Route des Chefferies, qui oeuvre à la valorisation du patrimoine camerounais. Membre du collectif Jeunes Critiques d’Art, elle mène une réflexion sur les questions postcoloniales et décoloniales en art contemporain, ainsi que sur le rapport à la tradition dans les pratiques muséales. Plus récemment, elle a rédigé le glossaire de l’ouvrage de Chris Cyrille et Sarah Matia Pasqualetti Mais le monde est une mangrovité ... et participé à plusieurs catalogues d’expositions dont celui de l’exposition « Sur la Route des chefferies du Cameroun, du visible à l’invisible » au musée du Quai Branly dont elle a assuré le co-commissariat.

Imaginer/ Performer

15 mars 2024, 10h-11h30 CET

Anna Seiderer (Université Paris 8/Vincennes-Saint Denis) et Espéra Donouvossi (Ecole du Patrimoine Africain) en conversation avec Bongile Gorata Lecoge-Zulu (artiste visuelle, musicienne, curatrice indépendante) Brownlyn Lace (Centre for the Less good Idea) et les participant.e.s en ligne

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Cette session explore le caractère performatif de la trace du dé/colonial des archives à travers des gestes artistiques. Bronwyn Lace et Bongile Gorata Lecoge-Zulu partageront des recherches artistiques développées à l’issue de collaborations avec des institutions muséales française et allemande. Dans le cadre de la Saison 10 du Centre for the Less Good Idea, elles ont exploré les images d’archives coloniales, notamment celles du Dahomey réalisées en 1930 par Frédéric Gadmer et le père Francis Aupiais, à partir d’expérimentations artistiques collectives. Ce travail a été développé autour d’un Pepper’s Ghost, technique illusionniste de la fin du 19ème siècle. Ces propositions artistiques sont doublées d’une réflexion critique sur les imaginaires coloniaux mobilisés dans une approche institutionnelle dite décoloniale et soulignent le carcan normatif qu’ils préfigurent parfois.


Biographies

Anna Seiderer est maîtresse de conférences au département d’art à l'Université Paris 8/ Vincennes, Saint-Denis, chercheuse au laboratoire Arts des Images et art contemporain [AIAC/EPHA], associée au Laboratoire d’anthropologie des mondes contemporains [LAMC] et membre du comité éditorial de la revue Esclavages & Post~esclavages. Sa thèse en esthétique, soutenue par le département de philosophie de l'Université Paris X- Nanterre, l'Ecole Africaine du Patrimoine (EPA) et le Centre Africain des Hautes Etudes (CAHE), porte sur le concept de transmission à l'œuvre dans les musées postcoloniaux du Bénin. Elle a travaillé comme assistante de recherche à l’actuel Africa Museum pour coordonner le projet européen Réseau international des musées d’ethnographie et des cultures du monde [RIME] et accompagné les recherches artistiques sur les fonds d’archives coloniales du musée. Elle est co-commissaire (avec Anne-Marie Bouttiaux) de l’exposition itinérante Modernité Fétiche (2011), co-editrice du catalogue d’exposition éponyme et de l’ouvrage Une critique postcoloniale en acte. Les musées d'ethnographie contemporains sous le prisme des études postcoloniales (2014). Dans le cadre du projet de recherche Images animées, mémoires controversées [CINEMAF], elle a développé, en collaboration avec Didier Houénoudé (Université Abomey Calavi) et Bronwyn Lace (Center For The Less Good Idea), la recherche artistique sur les fonds d’archives coloniales. Parmi les publications récentes: « Images fantômes. Anamnèse colonial », in Alessandro Gori, Fabio Viti, eds., Africa in the World, the World in Africa / L'Africa nel mondo, il mondo in Africa, Milano, Biblioteca Ambrosiana, 2022, p. 217-235; “Aida. Prélude d’une conquête impériale”, Aida de Giuseppe Verdi, mise en scène­­ par Lotte de Beer, Programme de l’Opéra de Paris, Saison 2020/2021, pp. 49-53; Entretien sur Borderlands avec Jo Ractliffe dans A toi appartient le regard et (…) La liaison infinie entre les choses, Christine Barthe (ed.), Musée du quai Branly/Actes Sud, pp.38-45; “Animating collapse. Reframing colonial film archives”, with Alexander Schellow, in Across Anthropology. Troubling Colonial Legacies, Museums, and the Curatorial, by Margareta von Oswald and Jonas Tinius. Leuven: Leuven University Press, pp. 187-209; « Réflexivité à l’œuvre. Performativité du « musée palais royal » d’Abomey”, in « Museums and religious heritage : Post-colonialist and post-socialist perspectives », Civilisations, vol.71, pp. 85-111; “Recaptioning Congo. African stories and colonial pictures”, entretien avec Sandrine Colard, L’Art Même (89), pp.68-70.

Espéra Donouvossi est titulaire d'un master du département des sciences du langage et de la communication de l'université d'Abomey-Calavi au Bénin. Entre 2007 et 2014, il a vécu et travaillé en Afrique du Sud avant de rejoindre la Chaire Unesco en politique et gestion culturelles à l'Université des arts de Belgrade en Serbie. En 2018, il a terminé un programme d'études de master conjoint en gestion de projets et d'institutions culturels en coopération avec l'Université Lumière, Lyon 2, en France. Son mémoire de Master porte sur les recommandations et les stratégies de plaidoyer et de gestion pour la restitution du patrimoine culturel béninois des musées français.
Actuellement, Espera est candidat au doctorat à l'université de Cape Coast au Ghana et à l'université de Hildesheim en Allemagne, où il étudie la conception de politiques structurelles et participatives pour soutenir des systèmes durables de gouvernance du patrimoine culturel béninois. Avec plus de 10 ans d'expérience dans le secteur culturel africain, il a été profondément impliqué dans la création, le développement et la coordination de plusieurs organisations et programmes culturels à plein temps dans la plupart des pays africains. Il est animé d'une grande passion pour les industries culturelles et créatives africaines et son objectif personnel est de devenir un expert en matière de politique culturelle.

Bronwyn Lace a obtenu sa licence en beaux-arts à l'université de Witwatersrand, à Johannesburg, en 2004. La spécificité du site est l'une des choses qui stimulent son imagination. Lace concentre sa pratique sur les relations entre l'art et d'autres domaines, notamment la physique, la pratique muséale et la philosophie. Elle choisit de travailler avec des éléments trouvés, recyclés et réutilisés et construit souvent ses installations complexes de manière réactive et in situ.
Les expositions de Lace incluent 2019 CrossSections and Climbing Through The tide, une exposition de groupe organisée par Başak Senova, qui a voyagé de Tunis, en Tunisie, à Stockholm, en Suède, et à Helsinki, en Finlande ; 2018 : MIRROR | MIRROR, une exposition individuelle à Everard Read, Johannesburg, Afrique du Sud ; 2017 : Bred in the Bone, une exposition solo à Circa, Cape Town, Afrique du Sud ; Dead Gardens, une exposition collective organisée par Olimpia Bera, Cluj Napoca, Roumanie ; 2016 : KulturKontakt, une exposition de groupe dans le cadre de la résidence 2016 de la Chancellerie fédérale autrichienne, Vienne, Autriche ; Bronze, Steel and Stone, une exposition de groupe à Everard Read, Londres, Royaume-Uni ; 2015 : Response, une exposition pour deux personnes, Johannesburg, Afrique du Sud ; Response, une présentation d'exposition au National Smithsonian Museum of African Art, Washington, États-Unis ; 2014 : Teeming, exposition individuelle à SpekePhotographic, Johannesburg, Afrique du Sud ; 2013 : Resuscitate, exposition personnelle à Nirox Project Space, Johannesburg, Afrique du Sud ; 2012 : A Tendency Towards Complexity, exposition personnelle à CIRCA on Jellico, Johannesburg, RSA.
En 2013, Lace a co-achevé un livre et un film commandés liés à des projets communautaires collaboratifs qu'elle a co-initiés en Afrique du Sud. Lace est actuellement codirectrice du Centre for the Less Good Idea, un incubateur interdisciplinaire pour les arts basé à Johannesburg, en Afrique du Sud. Fondé par William Kentridge, le Centre crée et soutient des projets artistiques expérimentaux, collaboratifs et transdisciplinaires. Lace vit et travaille à Vienne, en Autriche.

Bongile Gorata Lecoge-Zulu est une artiste basée à Johannesburg. Elle est titulaire d'une licence en musique et d'une maîtrise en arts (University of the Witwatersrand, Johannesburg), ainsi que d'une licence en interprétation de la flûte (LRSM). Lecoge-Zulu s'est produite dans des ensembles, des groupes et des théâtres dans toute l'Afrique australe, et est membre à plein temps de la Drama for Life Playback Theatre Company. La pratique créative de Lecoge-Zulu est profondément ancrée dans une approche collaborative interdisciplinaire qui l'amène souvent à s'engager dans des projets collectifs expérimentaux. Une grande partie de ses recherches porte sur les possibilités générées par la fusion de la musique et du son avec d'autres formes d'art.
Elle travaille (et joue !) dans et à travers la performance contemporaine, la musique, le théâtre, l'éducation, l'écriture et la conservation - sa pratique est donc profondément collaborative, collective et générative. Les mondes d'expression qu'elle explore, découvre et crée fréquemment avec les notions de traduction au-delà du texte, dans un effort continu pour franchir les frontières entre les disciplines. La saison 8 du Centre for the Less Good Idea a été organisée par la performeuse, musicienne, écrivaine et éducatrice Bongile Gorata Lecoge-Zulu, et a utilisé les provocations de Breath & Mythology pour produire un programme de nouvelles œuvres collaboratives, expérimentales et interdisciplinaires.
Les performances qui composent le programme de travail de la saison 8 font la part belle à la musique, au physique et au narratif, et sont à la fois humoristiques, absurdes et contemplatives. En outre, une exposition multimédia a été présentée pendant toute la durée de la saison. Intitulée Thinking in Poetry and Cardboard, l'exposition sert d'archive au programme de mentorat Thinking in Cardboard de la SO Academy et au projet 100 poèmes de The Khala Series 2021, sous la direction du poète Upile Chisala.

Lancement du livre “Traces du dé/colonial au musée”,
édité par Anna Seiderer, Damiana Oţoiu, Felicity Bodenstein et Margareta von Oswald

21 mars 2024, 18h30 CET

Centre Marc Bloch, Berlin, et en ligne

Lien d’inscription


Journée d’étude


Dans le cadre de sa résidence à la Villa Médicis, l’Académie des Traces co-organise avec le département d'histoire de l'art de l'Académie de France et avec le Museo delle Civiltà une journée d’étude dédiée à l’héritage de/colonial dans les musées.

Lien d’inscription pour la participer à la journée d’étude en ligne

L’appel à contribution est ouvert jusqu’au 15 avril 2024, le programme sera publié ultérieurement.

Académicien.ne.s 2024


© Adéwolé Faladé
Adewole Falade

Adéwolé Faladé est Doctorante en Histoire Comparée à l'Université d'Europe centrale (CEU) de Vienne en Autriche. Elle s'intéresse à la restitution d'artéfacts béninois rendus par la France et aux nouveaux liens qui se tissent à travers ce retour. Elle est également Chercheuse pour le projet "Repatriates" financé par l'ERC, qui étudie dans quelles mesures les communautés locales et les musées s’impliquent dans le processus de restitution de collections africaines qui se trouvent dans des musées européens. Enfin, elle dirige une association culturelle qui depuis 2006, œuvre pour la collecte, l’archivage, la préservation et la promotion du patrimoine culturel et des traditions du Bénin.

Rôle des musées et communautés locales dans le processus de restitution de collections africaines se trouvant dans des musées européens

Ma thèse examine les enjeux de la restitution entre la France et le Bénin. Etant témoin de la procédure de réappropriation par le Bénin des objets rendus, le projet porte sur les moyens usités par les populations d'origine pour aborder la restitution des objets pillés.
Ma recherche analyse aussi l’invention d’une Afrique fictive par la décontextualisation des items et de théories discriminatives résidant dans la muséification des objets. Car les musées ethnographiques incarnent la fabrication d'un récit colonial sur l'histoire, l'art et les cultures africains.

© Aliénor Brittmann
Aliénor Brittmann

Aliénor Brittmann est doctorante en droit à l’ISP auprès de l’Ecole normale supérieure de Paris-Saclay. Elle a été boursière de l'Académie française et du gouvernement italien, ainsi que de l’Ecole française de Rome, et poursuit à présent sa thèse grâce à une bourse de la Fondation pour la mémoire de la Shoah. Elle a été Visiting Scholar auprès de l’Università degli Studi de Milan, ville où elle a obtenu son diplôme de photographie auprès de l’Accademia (CFP) Bauer. Ses thèmes de recherche intéressent les usages juridiques du passé, la construction des témoignages, l'émergence des responsabilités, les liens entre histoire et procès, mais aussi la photographie comme mode de preuve.

Réparer les préjudices de l’histoire. Post-Shoah et post-colonisation dans les expériences françaises et italiennes de restitutions de biens culturels depuis 1970

J'analyse la façon dont les restitutions de biens culturels soustraits dans le cadre de la Shoah et de la colonisation se veulent comme des tentatives de réparations - impossibles - de ces contextes de violences particulières, qualifiés aujourd’hui de « préjudices de l’histoire ». Mes recherches partent de 1970 afin de travailler sur le post-évènement historique, en France comme en Italie ; c’est-à-dire sur l'existence contemporaine de litiges portant sur les biens culturels et liés à ces conflits passés.

© Ananko Ankomba Ablavi Assoum
Ananko Ankomba Ablavi Assoum

Ananko Ankomba Ablavi Assoum est assistante au bureau de la coopération pédagogique du Goethe-Institut Togo ; Etudiante au département d’allemand de l’université de Lome (Togo) avec pour option la littérature interculturelle ; Comédienne et accessoiriste aux heures perdus. Je me définis comme une vraie passionnée de l’art sous toutes ses formes. Mais davantage suis-je passionnée de l’art plastique africain. Je m’intéresse particulièrement à la question de la restitution des œuvres africains exhibées dans les musées européens. Je suis à cent pour cent pour la restitution.

Œuvres spoliées dans les littératures allemande et africaine. Réflexions sur le processus de restitution dans Noces sacrées (1977) de Seydou Badian et dans Afrikanisches Schattenspiel (2009) d’Olaf Müller-Teut

C’est un travail dédié à la thématique de la restitution des œuvres africaines spoliées. J’y questionne, grâce aux deux œuvres citées, les processus contemporains de restitution des biens africains spoliées employés par les occidentaux notamment le long processus composé par la demande de restitution, les longs travaux de recherche provenance, etc… J’aborde également la question à savoir comment traiter le patrimoine africain une fois restitué aux pays africains.

© Ariane Théveniaud
Ariane Théveniaud

Après des études en histoire de l’art et archéologie, Ariane Théveniaud intègre le département des restaurateurs de l’Institut national du patrimoine en spécialité mobilier dont elle est diplômée en 2018. Son mémoire de fin d’études, dédié à la conservation-restauration d’un kamanche provenant de Turquie, et ses différentes expériences professionnelles, dont trois ans au sein de l’atelier de restauration du Musée national de la Marine, l’ont menée à porter ses recherches sur la conservation-restauration des objets à forte valeur fonctionnelle. En 2021, Ariane Théveniaud débute une thèse dirigée par Anaïs Fléchet (CHCSC – UVSQ) en histoire de la conservation-restauration.

La conservation et la restauration d’instruments de musique dits « non-européens » acquis en période coloniale pour le musée d’ethnographie du Trocadéro / musée de l’Homme et pour le musée Instrumental du Conservatoire national de musique (1872 – 1958).

Cette thèse s’intéresse à l’histoire de la conservation et de la restauration des instruments de musique dits « non-européens » acquis en période coloniale pour les musées parisiens. Elle questionne les effets de la patrimonialisation de ces objets d’usage, aux provenances et aux contextes d’acquisition variés, sur leur conservation matérielle en se fondant sur l’étude d’un corpus de luths actuellement conservés au Musée de la musique (Cité de la musique-Philharmonie de Paris) et au musée du quai Branly – Jacques Chirac. L’objectif est ainsi d’interroger le rôle de la conservation-restauration dans l’histoire de la représentation des cultures « non-occidentales » dans les musées européens.

© Carly S. Degbelo
Carly S. Degbelo

Carly S. Degbelo est prêtre catholique et gestionnaire du patrimoine culturel. Il a obtenu sa Licence professionnelle à l’École du Patrimoine Africain-EPA et son Master 2 à l’Université Senghor d’Alexandrie. En Juillet 2022, il a effectué un stage de recherche au Musée Africain de Lyon (aujourd’hui CCA) dans le but de documenter la provenance des objets béninois emportés par les missionnaires. Ce travail s’est accompagné d’un autre qui deviendra son cheval de bataille. Il s’agit des archives photographiques de la période coloniale se trouvant au Musée Albert Kahn en France. L’objectif est de fournir une documentation contextuelle quitte à décoloniser les légendes. Tout en poursuivant ses travaux de recherches à l’École du Patrimoine Africain, il dirige le Centre Diocésain du Patrimoine Religieux à Porto-Novo (CDPR).

Les archives photographiques coloniales : « liens-manquants » de la recherche de provenance des biens culturels du Bénin.

Il n’est plus à démontrer que plusieurs œuvres du Bénin (Dahomey d’alors) ont fait l’objet d’expatriation durant la période coloniale. Les circonstances de leur départ vers l’Europe n’ont pas aidées à leur offrir une bonne documentation. Nous en voulons pour preuve des erreurs de nomination, d’origine ou d’usage de certains objets se trouvant dans les musées. En nous intéressant à ces objets de l’époque coloniale, nous y joignons les photographies dahoméennes du Musée Albert Kahn qui constituent en elles-mêmes des objets à part entière mais également des supports ou des « liens manquants » pour la recherche de provenance et par ricochet la documentation desdits objets. L’objectif est de mieux connaitre l’histoire des objets emportés grâce aux archives photographiques existantes sur nos terres ou en France.

©Markus Hilbich
Elias Aguigah

Elias Aguigah est étudiant en master d’anthropologie et sciences politiques à l'Université Libre (FU) de Berlin et à l'EHESS de Paris. De 2020 à 2023, il a travaillé comme assistant de recherche dans le projet DFG-AHRC The Restitution of Knowledge, un partenariat entre l'Université Technique de Berlin, l'Université d'Oxford et le Pitt Rivers Museum. Ses recherches portent sur les études postcoloniales et la critique du néocolonialisme, et l'anthropologie politique ainsi que les collections muséales coloniales et la restitution. Au cours des dernières années, il a complété ce bagage théorique par des voyages et des échanges à Istanbul, en Afrique de l'Ouest et sur l’île de la Réunion.

Nouveau chapitre du colonialisme européen ou décolonisation ? L’économie politique de la restitution postcoloniale

Dans le cadre de mon projet de master, j’aborderai la question de la restitution des biens culturels africains spoliés pendant le temps colonial par des puissances coloniales européennes d’une perspective de l’économie politique. Je m’intéresse aux calculs politiques des différents acteurs du débat et les enjeux de pouvoir qui sont liés à ses collections. Pendant ma recherche ethnographique en Afrique de l’Ouest, j’examine les visions locales et les négociations politiques sur l'avenir des objets pertinents pour savoir comment la restitution pourrait contribuer à la création des sociétés africaines autodéterminées.

©Chris Swagga
Injonge Karangwa

Injonge Karangwa est une chanteuse, auteure, poète, chercheuse et professionnelle de la santé globale, reconnue pour son parcours international. Pendant près de quinze ans, elle travaille dans le domaine de la santé publique en Afrique subsaharienne, Injonge a conçu et mis en œuvre des programmes innovants, tirant parti de son expertise en gestion de projet et de son approche multisectorielle et multidisciplinaire. Cette expérience l'a amenée à créer le festival Hamwe en 2019, un événement annuel visant à examiner les intersections entre les secteurs culturels et de la santé. Actuellement, elle est chargée du pôle recherche à l'Institut pour la Réparation Créative et prépare sa candidature à un programme de doctorat.

Injonge conduit actuellement deux projets innovants, examinant l'impact actuel des héritages coloniaux dans les musées occidentaux. Son premier projet, une thèse de doctorat, étudie comment l'accès ou le manque d'accès aux collections coloniales, ainsi que les narratifs construits autour de ces collections, affectent la santé mentale et le bien-être des Africains et des diasporas africaines. Parallèlement, elle travaille sur "Éxposées", une pièce de théâtre qu'elle écrit et met en scène. Cette œuvre, actuellement en production, examine les défis liés à la curation d’expositions comprenant des objets de collections coloniales. Une première représentation partielle est prévue le 20 janvier au Cours Florent de Bruxelles, avec le soutien de l'institution.

©Jan König
Jan König

Je m'appelle Jan König et j'étudie l'histoire de l'art à Leipzig. Grâce à mes études et à plusieurs expériences pratiques dans le travail muséal en Allemagne et au Togo, j'ai pu me familiariser profondément avec la nécessité de restituer des biens culturels spoliés ainsi qu'avec les obstacles et les potentiels des processus de restitution. Je pense que dans ce domaine, il est très important et utile pour tous les acteurs de créer des synergies. A cet égard, les aspects de transdisciplinarité ainsi que l'orientation des processus vers les intérêts des sociétés d'origine / de succession jouent pour moi un rôle essentiel.

Restitution des biens culturels à Dagbon

En 1896, les troupes allemandes ont attaqué Yendi, capitale du royaume de Dagbon en Afrique de l'Ouest, massacrant la population locale et pillant des objets culturels emportés en Allemagne. En novembre 2022, avec deux collègues, nous avons présenté des photos d'objets du dépôt du Grassi Museum de Leipzig à plus de 150 personnes à Yendi. Tous ont exprimé douleur, mais aussi joie et fierté à l'idée du retour des objets, jugé crucial pour l'avenir du royaume et comme processus de réparation transculturel. Notre projet vise des recherches systématiques sur les biens de Dagbon en Allemagne, en collaboration étroite avec la société d'origine. Objectif : classer les histoires de provenance, préparer les restitutions et documenter le processus via expositions et publications.

©Janine Gaëlle Dieudji
Janine Gaëlle Dieudji

Janine Gaëlle Dieudji est une commissaire d’expositions et professionnelle de la culture multilocale avec plus d'une décennie d'expérience dans le monde de l'art. Elle a contribué à des publications telles que les livres d'art de Phaidon African Artists: From 1882 to Now et Vitamin C+, Collage in Contemporary Art. Co-fondatrice de The Recovery Plan (Florence, Italie) et ex-directrice des expositions au MACAAL (Marrakech, Maroc), Janine Gaëlle travaille sur des projets curatoriaux relatifs à l'art et aux artistes africains contemporains, aux musées et aux échanges interculturelles. L’année dernière, elle a rejoint l’équipe du Smithsonian National Museum of African Art où elle continue d’élargir sa pratique en tant que curatrice au sein du musée.

The Africa Museology Project

En coordination et avec le soutien du Centre du patrimoine culturel du Département d’État américain, le Smithsonian a développé un programme d’échange culturel de deux ans qui rassemble des universitaires et spécialistes du patrimoine culturel venant à la fois d'Éthiopie, du Mali, de la RDC, du Nigéria, de la Tanzanie, du Kenya, du Rwanda et de l'Afrique du Sud, avec leurs homologues et institutions américaines. Dirigé par le Smithsonian National Museum of African Art et géré par l'OIR (Office des Relations Internationales), le programme complète un projet de subvention de la Fondation Mellon au National Museum of African Art qui vise à développer un programme de muséologie africaine axée sur la documentation, la conservation et la recherche qui regroupe des conservateurs, des régisseurs, des archivistes et des commissaires d’exposition. Ce programme d'échange implique des professionnels du patrimoine culturel de huit pays africains en qualité de partenaires sur les questions de partage de connaissances et collaborateurs sur des projets pilotes d'intérêt mutuel.

©Delice Tuyisenge
Jean Berchmans Ndihokubwayo

Jean Berchmans Ndihokubwayo est d'origine burundaise. Après avoir enseigné l'histoire au lycée, il a rejoint l'Université du Burundi en tant qu'Enseignant -Assistant au département d'histoire et de patrimoine. Depuis 2022, il poursuit son doctorat en histoire à l'Université de Giessen en Allemagne. Il a mis en pratique ses connaissances théoriques à travers son travail à l'Université du Burundi. De plus, il a travaillé en tant que consultant à la Commission Vérité et Réconciliation du Burundi. En tant que membre de la Société de la Gestion des Biens Patrimoniaux, il s'intéresse à la création de musées au Burundi, à la gestion de sites patrimoniaux et à l'exercice d'autres activités connexes.

Le Burundi sous la colonisation allemande : entre collaboration et résistance des autorités coloniales et des chefs traditionnels, 1896-1916.

Ce projet de thèse vise à explorer la période de la colonisation allemande au Burundi, en mettant particulièrement l'accent sur la dynamique complexe entre la collaboration des autorités coloniales et la résistance des chefs traditionnels locaux. La recherche repose principalement sur des méthodes qualitatives de collecte et d'analyse de données. Les sources d'information mobilisées comprennent des écrits provenant des premiers Européens à visiter le Burundi, des archives et des sources orales.

©Studioline
Mikaél Assilkinga

Mikaél Assilkinga est doctorant à la Technische Universität Berlin et l’Université de Dschang (co-tutelle). Sa thèse de doctorat qu’il a rédigé dans le cadre du projet financé par la Société Allemande pour la Recherche « histoire inversée des collections », porte sur les symboles du pouvoir « traditionnel » au Cameroun : « Cameroonian objects of power in German museums. Meanings and significances from the violent colonial exploitation to post-colonial history ». Parallèlement à ses recherches sur le patrimoine culturel camerounais expatrié, Assilkinga travaille actuellement à établir une sorte de « cartographie » des restes humains Camerounais issus du contexte colonial présents dans les musées allemands.

Cameroonian objects of power in German museums. Meanings and significances from the violent colonial exploitation to post-colonial history

Ma thèse porte sur les symboles de pouvoir du Kamerun spoliés pendant la colonisation allemande (1884-1916/1919). Quelles significations les objets de pouvoir camerounais ont-ils acquis à travers leur présence en Allemagne et leur absence dans les sociétés d’origine ? Telle était ma préoccupation majeure. Mon étude a un double axe : la présence en Allemagne et l’absence au Cameroun. Les milliers de symboles de pouvoir spoliés de l’ancienne colonie du Cameroun ont traversé différents époques et connus divers usages depuis le moment de leur translocation à nos jours.

© Mililani Ganivet
Mililani Ganivet

Née à Hawai’i et originaire de Tahiti, Mililani Ganivet est océanienne. Elle quitte Tahiti à l’âge de 17 ans où elle part faire ses études à la Sorbonne à Paris, et plus tard à Hawai’i. Elle se considère comme une archiviste de la parole sacrée, qu’elle soit écrite, parlée ou incarnée. Son travail est inspiré par les poètes du recueillir, les passeuses de souvenirs et les porteuses d’avenir de son pays et de l’Océanie, ceux ont ouvert la voie et ont posé les fondations sur lesquelles son travail et ses convictions reposent. Quand elle n’est pas dans les archives ou dans le monde, elle passe son temps libre dans l’océan pacifique, qui lui procure un ancrage spirituel cher à son coeur.

Collecting Conversion: Unpacking Polynesian missionary collections at the British Museum

Mililani vient tout juste de commencer son doctorat l’Université de East-Anglia (UEA) en partenariat avec le British Museum au Royaume-Uni en Octobre 2023. Son projet de thèse porte sur la collection polynésienne entreposée au British Museum. Cette collection abrite parmi les objets les plus sacrés collectés en Polynésie au début du 19ème siècle. Elle s’intéresse particulièrement au rôle des pasteurs polynésiens dans la collecte de ces objets.

© Rodrigue Nzelokuli
Rodrigue Nzelokuli

Rodrigue Nzelokuli est titulaire d’un Master 2 en Communications sociales de l’Université Catholique du Congo, spécialité bibliologie (sciences de l’écrit et de la Communication écrite) et d’un Master 2 en Développement, spécialité Tourisme et patrimoine culturel de l’Université Senghor à Alexandrie.
Il prépare depuis avril 2023 une thèse de doctorat à l’Université de Kinshasa, au Département des Sciences historiques, Gestion du patrimoine et Développement. Il bénéficie dans le cadre de cette thèse du financement de la BELSPO, à travers le projet PROCHE sur la recherche de provenance portée par le Musée Royal de l’Afrique centrale de Tervuren en Belgique. En effet, le projet PROCHE s’inscrit dans les nombreuses discussions sociales et politiques interrogeant les modes d’acquisition des objets ethnographiques et musicologiques pendant la période coloniale. Son but est de développer une méthode de recherche sur les provenances des objets présents dans les collections de l’Africa museum de Tervuren, Belgique. Grace à ce projet, Il a effectué un séjour de recherche doctorale en Belgique de mai à Aout 2023.

Provenance contextuelle des objets ethnographiques Mbole du Lilwakoy des collections de l’Africa Museum acquis pendant la colonisation Belge. Interprétation ethno-historique

Dans sa thèse, Rodrigue Nzelokuli questionne l’histoire à travers les sources archivistiques et de l’histoire orale pour saisir le contexte dans lequel les objets Mbole du Lilwakoy ont été acquis auprès de leur premier possesseur légitime en République démocratique du Congo pendant la période coloniale, entre 1930-1960. De ce fait, les questions suivantes fondent sa recherche: quel rapport la colonisation belge a-t-elle entretenu avec la société secrète du Lilwakoy et de manière générale avec toutes celles ayant existées pendant cette période ? Quel climat politique a caractérisé le territoire d’Opala pendant la période coloniale belge ? A-t-il existé une politique d’orientation de collecte spécifique des objets des sociétés secrètes au congo belge et spécifiquement sur le Lilwakoy ? Quelle est histoire orale dans la société secrète du Lilwakoy aujourd’hui sur le contexte d’acquisition de leurs objets pendant la colonisation belge ? Quelle relation la société secrète du Lilwakoy entretient elle aujourd’hui avec ses objets ?

© Salomé Soloum
Salomé Soloum

Salomé Soloum est titulaire d’un doctorat en histoire de l’art. Ses axes de recherche sont : l’histoire des vêtements, de la sexualité et des mœurs en Afrique précoloniale. Elle est auteure et co-auteure d’articles portant sur les us et coutumes du Bas-Bénin et co-auteure d’un ouvrage portant sur la calebasse.

Biens culturels du Danxomè rapatriés : entre euphorie et espérance pour le développement du tourisme local

Le 6 novembre 1892, la troupe française commandée par le Colonel Alfred Amédée Dodds prit possession de Kanna. Après une dizaine de jours de combats, la capitale du royaume, Agbomɛ, tomba aux mains des envahisseurs Français le 17 novembre 1892. Les soldats français se sont employés à mettre à sac le patrimoine de ces deux villes.
Après les premières tentatives infructueuses de rapatriement de ses biens spoliés (2005) durant la période coloniale, le Bénin (ancien Dahomey), devient l’un des tout premiers pays de l’Afrique subsaharienne à formuler de manière officielle une demande de restitution de l’ensemble de son patrimoine (plus de 5000 pièces) se trouvant non seulement dans les musées de la France, mais aussi des pièces faisant partie des collections privées déclarées. Même si cette demande fit l’objet d’une fin de non-recevoir par Jean-Marc Ayrault, alors ministre des Affaires étrangères français (2016-2017), l’État français sous le Président Emmanuel Macron a annoncé en décembre 2019, le retour des 26 œuvres béninoises réclamées. Le 10 novembre 2021, les 26 œuvres pour la première foulaient le sol de leur pays d’origine près de deux siècles après leur départ. L’objectif de ce projet est de montrer que la restitution des biens d’un peuple en général et particulièrement ceux béninois lui permettra de recouvrer une partie de sa mémoire et de son identité culturelle. Il va sans dire que la restitution des biens spoliés durant la colonisation aux communautés de cet espace géoculturel est une impérieuse nécessité pour leur bien-être. Au demeurant, ce projet se veut aussi être une aubaine pour démontrer que, ces biens rapatriés au Bénin, sont un moyen de faire prendre de l’envol au tourisme local et de participer par ricochet au développement du pays.

© Soizic Le Cornec
Soizic Le Cornec

Soizic Le Cornec est chargée de documentation des collections au musée du quai Branly-Jacques Chirac depuis octobre 2023. Elle y mène notamment les recherches de provenances et coordonne le projet de documentation des biographies de personnes liées aux collections. Elle est diplômée du Diplôme Universitaire Paris-Nanterre en recherche de provenances des œuvres d’art (2022) et de l’Ecole du Louvre en spécialité histoire et anthropologie des arts de l’Océanie (2021). Ses recherches précédentes ont porté sur des trajectoires de restes humains conservés dans les institutions muséales et sur le fonds océanien du musée des Beaux-Arts et de la Dentelle d’Alençon.

Documenter les biographies de personnes au musée du quai Branly-Jacques Chirac

Dans le cadre des travaux menés sur l’origine et du contexte d’acquisition des objets au musée du quai Branly-Jacques Chirac, s’articule la documentation des biographies de personnes. Si certains acteurs de l’histoire des collections sont d’ores et déjà documentés, nombreux sont les individus méconnus et dont la biographie reste à élaborer. Face à cette disparité des niveaux de connaissance, parfois conjuguée à la rareté des sources, comment envisager la construction d’un répertoire prosopographique et quelles méthodologies de recherches adopter ? Sous quelle(s) forme(s) peut-on rendre compte publiquement de cette absence d’information, et comment visibiliser néanmoins les individus concernés?

©Tiako Djomatchoua Murielle Sandra
Tiako Djomatchoua Murielle Sandra

Tiako Djomatchoua Murielle Sandra est doctorante à Princeton University. Elle s'intéresse aux mécanismes de (re)construction et de (ré)activation de la mémoire des objets coloniaux d'Afrique Centrale à partir d'une approche multimédia. Au Centre des Humanités Digitales de son université, elle travaille sur la symbolique des scarifications chez les Luba du Kasaï et de Kinshasa intitulé "Beyond beauty : scarifications as testaments of life and death". Elle a rejoint un groupe d'études du Conseil des arts de l'Association des Études africaines (ACASA) et y travaille sur des questions de restitution et d'accessibilité digitale des cultures matérielles africaines dispersées dans les musées en Amérique du Nord.

Objets vivants, provenances plurielles : reconstruire les réseaux mémoriels Luba à partir des archives missionnaires et coloniales

Tiako Djomatchoua Murielle Sandra souhaite déconstruire l’idée que l’absence des informations sur les origines des objets les condamnerait à un exil au musée ou à leur oubli au sein des communautés sources. Sa recherche sur la provenance, interdisciplinaire et multimédia, explore les fonds d’archives des congrégations missionnaires ayant opéré au Katanga et au Kasaï, ainsi que leurs expositions en Europe, dans le but de traquer un corpus de reliques d’objets Luba opérant comme des réseaux mémoriels. L'objectif est de déconstruire l’idée que la recherche sur la provenance se résumerait à une méthode visant à déterminer l'origine des objets. Elle l’envisage plutôt comme un moyen de participer à la (re)production de connaissances authentique sur la mémoire, sur l’histoire, sur l’héritage, et sur l’identité selon la vision du monde des communautés sources pour enfin rompre avec les traditions prédominantes perpétuant les silences, les absences, et les oublis au sein des collections africaines.

Edition 2024


The 2024 Edition of the Académie des Traces is structured around three key moments: the Online Workshop, the Spring School in Berlin, and the Study Day at the Villa Medici in Rome.

The Académie des Traces is organised along four main themes:

Acquire/Appropriate; Return/Repatriate; Represent/Exhibit; Imagine/Perform.

Through these four axes, the Académie engages with colonial heritage in museums and more particularly the modes of acquisition, their politics of representation and museography, the return to archives, rewritings through artistic practices and finally, the question of ownership and restitution.


Online Workshop | Study Day | Members of the Academy 20234

Online Workshop


This online workshop is open to everyone. It takes place in English and French. Plenary sessions are subject to simultaneous translation into both languages. In order to attend, a registration is necessary for each individual session (one link per session, see below).

The online workshop aims to open up different perspectives on colonial legacies in museums. We wish to encourage discussion between participants from the African and European continents, by providing time for exchange in plenary sessions and in small groups. The digital format allows to gather a large number of participants, and to give room to different forms of international expertise, in particular from the African continent.

Each session will be opened by Julie Sissia and Margareta von Oswald, then introduced by a pair of moderators. which will present the major issues of the session's theme. Then, two short interventions will follow one another, opening up opportunities for discussions in smaller groups. Thus, each session encourages everyone to speak and to meet amongst participants.

The online workshop will culminate with the book launch of Traces du dé/colonial au musée (Editions Horizons d'Attente, 2024), edited by several members of the Académie des Traces team, namely Anna Seiderer, Damiana Otoiu, Felicity Bodenstein and Margareta von Oswald. The launch takes place during the Spring School in Berlin, allowing the members of Academy to respond to the book on site (hybrid session from the Marc Bloch Center).

Acquire/ Appropriate

9 February 2024, 10am - 11.30am CET

Felicity Bodenstein (Sorbonne Université) and Paule-Clisthène Dassi Koudjou (Ecole du Patrimoine Africain) in conversation with Rachel Mariembe (Institut des Beaux-Arts de Nkongsamba),Richard Tsogang Fossi (Technische Universität Berlin) and online participants

Registration link

More information

This session will be devoted to understanding current practices in terms of research into the history of African collections. This research manifests itself in different methodologies: from 'object biographies' to 'provenance' projects or a 'reverse history of collections', and responds to varying intentions and needs whether it is conducted from within the museum or in the academic world. The notion of provenance in particular has only been applied to the policy of researching African cultural property for a few years now, initially in the German context and increasingly in Europe. But how is the notion of provenance understood on the African continent? Who are the African players who are now seeking to refocus research on the history of collections by concentrating on the contexts in which they were collected or seized in Africa? What forms of collaboration exist with European institutions, and what does this long-distance dialogue mean, with visiting specialists from the countries of origin or ad-hoc involvement of representatives of the diaspora? How are communities of origin involved in this process?

Biographies

Felicity Bodenstein is an art historian specialising in the history of museums and collections. Since 2019, she has been a lecturer at Sorbonne University in the history of contemporary art and heritage. She defended her thesis in 2015 at the University of Paris-Sorbonne on the history of the Cabinet des médailles et antiques de la Bibliothèque nationale (1819-1924). Since 2015, thanks to scholarships at the Kunsthistorisches Institut in Florence, the Musée du Quai Branly-Jacques Chirac and the Technische Universität in Berlin in the "Translocations" group, directed by Bénédicte Savoy, she has been working on the case of war booty taken from Benin City (now in Nigeria) in 1897 and the history of the dispersal of the objects. Since 2020, she has been co-director of the Digital Benin project, based at the Museum am Rothenbaum. Kulturen und Künste der Welt (MARKK). For the first time, this project brings together data from 131 institutions in more than 20 countries, making it possible to record nearly 5,000 Benin City artefacts and link them to knowledge co-constructed between Nigerian and European researchers. Recent publications include: Felicity Bodenstein, Damiana Oţoiu and Eva-Maria Troelenberg, 2022. Contested Holdings: Museum Collections in Political, Epistemic and Artistic Processes of Return, Oxford, New York: Berghahn Books; Felicity Bodenstein (ed), 2020. "Africa: Trade, Traffic, Collections," Journal for Art Market Studies, volume 4, number 1, at https://fokum-jams.org/index.php/jams/article/view/119.

Paule-Clisthène Dassi Koudjou, heritage curator specialising in museums, is a graduate of the Institut National du Patrimoine in Paris. She is responsible for the conservation of all the museums in the Route des Chefferies programme network in Cameroon. Former director of the Royal Batoufam Museum. She is involved in the development of chieftaincy museums in Cameroon and is working on the exhibition "Sur la Route des Chefferies, du visible à l'Invisible" at the musée du quai Branly Jacques Chirac in 2022. A member of the EPA (Ecole du Patrimoine Africain) network of experts, she is also taking the Paris Nanterre DU course on "Provenance research for works of art". She works on provenance research and the documentation of African and Cameroonian collections in European museums. In Germany, she took part in the "PEACE" programmes in Lower Saxony from 2019 to 2021, "The Museum LaB" 2021 with the Naturkunde Museum in Berlin, the Humboldt Forum and the Rautenstrauch-Joest Museum in Cologne in 2021 and 2023. The "Provenienz Forschung" project at the Jean Gutenberg University in Mainz in April 2023 on collections from Cameroon. In France, her work will focus on the study and documentation of Cameroon's ethnographic collections at the Natural History Museum in La Rochelle in 2022 and 2023. Her main areas of research are the promotion of African heritage in Africa and in Western museums, and research into the provenance of works from the colonial period.

Richard Tsogang Fossi is a German scholar specialising in literary and cultural studies, German colonial history and colonial memory. In recent years, he has been involved in various research projects on transnational German-Cameroonian topographies of memory at the Heinrich Heine University in Düsseldorf. As a didactician, he has also conducted research on school textbooks in former German colonies and the way in which these countries use school textbooks as a means of putting German colonial history into perspective and as a medium for colonial memory. He was also a member of the curatorial team for the exhibition "Hey Hamburg, kennst Du Rudolf Dualla Manga Bell?", which has been on show at the Hamburg Ethnological Museum (now MARKK) since 2020. At the heart of his research is also the question of the provenance of cultural goods taken away violently and illegally during the colonial period, and the way in which knowledge is constructed around these goods in the German museum landscape. He is currently a member of the Cameroon heritage research team at the Technical University of Berlin. This project, initiated by professors Bénédicte Savoy and Albert Gouaffo and funded by the Deutsche Forschungsgemeinschaft (DFG), is entitled "Reverse Collection Stories. Mapping Art and culture from Cameroon in German Museums". The first phase of the project resulted in the publication of the book Atlas der Abwesenheit. Kameruns Kulturerbe in Deutschland (https://www.tu.berlin/kuk/forschung/projekte/laufende-forschungsprojekte/umgekehrte-sammlungsgeschichten-mapping-kamerun-in-deutschen-museen/atlas-der-abwesenheit).
For an overview of his various publications, please follow the link here: : https://www.tu.berlin/kuk/ueber-uns/team/wissenschaftliche-mitarbeiterinnen/dr-richard-tsogang-fossi.

Rachel Mariembe has a PhD in Heritage Sciences. Head of the Heritage and Museology Department at the Institut des Beaux-Arts in Nkongsamba, Coordinator of the Heritage Science Laboratory of the UFD Arts and Heritage Sciences of the Doctoral School of Social and Human Sciences at the University of Douala, she has participated in the creation of seven community museums in Cameroon as well as the exhibition "Sur la Route des Chefferie du Cameroun: Du visible à l'invisible" at the Musée du Quai Branly Jacques Chirac. She is very active in researching the provenance, restitution and return of objects from Cameroon to Western museums, in partnership research, and in raising awareness among decentralised local authorities of the importance of promoting cultural heritage. She took part in drawing up the application for the Nguon Festival to be included on the Representative List of the Intangible Cultural Heritage of Humanity, and in the inclusion of the town of Nkongsamba in UNESCO's Creative Cities Network. Her main areas of research are the problems of the Cultural and Creative Industries, the involvement of communities in the process of enhancing cultural heritage, community conservation, the development of tourism in territories through tangible and intangible cultural elements and provenance research.

Return/ Repatriate

23 February 2024, 10am-11.30am CET

Damiana Oţoiu (University of Bucharest) and Franck Ogou (Ecole du Patrimoine Africain) in conversation with Jacques Aguia Daho (University of Abomey Calavi), Placide Mumbembele Sanger (University of Kinshasa) and online participants.

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The questioning of the museum as the legitimate owner of certain collections resulting from colonial contact is a major issue in contemporary museum policies. The former “ethnographic” museums are particularly concerned, given the overlap between the history of museum institutions, anthropobiological sciences and colonial conquests. Requests for the restitution of cultural property and ancestral remains have multiplied following President Macron's speech at the University of Ouagadougou in November 2017, in which he expressed his wish that "within five years the conditions will be met for temporary or definitive restitutions of African heritage in Africa". In this session, we propose first of all to historicise the contemporary debates, and to show how these historical, ethical and political questions are formulated at different times and in different contexts. We will then show that the issue of the restitution of museum collections poses, above all, an epistemic challenge: imagining ways in which researchers, museum professionals and indigenous populations can work together.


Biographies

Damiana Oţoiu iversity of the Western Cape, Cape Town, among others. Her research focuses on how the ownership of museum collections is (re)defined and contested in postcolonial contexts. She conducts anthropological research in the Democratic Republic of Congo, South Africa, France and Belgium. Her research has been funded through European grants (e.g. Marie Curie International Fellowship for Experienced Researchers), fellowships offered by institutes of advanced study (e.g. New Europe College, Bucharest or Institut für die Wissenschaften vom Menschen, Vienna), or visiting fellowships (e.g. Max Planck Institute for Social Anthropology, Halle; LSE, London; Woodrow Wilson International Center for Scholars, Washington DC; IFAS Research, Johannesburg). Damiana has coordinated several research projects, including Museums and Controversial Collections. Politics and Policies of Heritage-Making in Post-colonial and Post-socialist Contexts (2015-17) and Decolonial Practices in Museum Collections (Europe and Sub-Saharan Africa): Local Histories and Global Circulations (2021-22). Recent publications include: Felicity Bodenstein, Damiana Oţoiu and Eva-Maria Troelenberg (eds.), Contested Holdings: Museum Collections in Political, Epistemic and Artistic Processes of Return, Oxford, New York, Berghahn Books, 2022; Damiana Oţoiu, 'Diaspora(s)', 'communities of origin' and museum collections. Collaboration and controversies around the renovation of the Royal Museum for Central Africa, Tervuren in New Europe College Yearbook, 2018-2019, NEC, Bucharest, 2023, pp. 169-194.

Franck Ogou is a cultural heritage manager specialising in African heritage. He holds a PhD in Heritage and Archaeology and has been working for some fifteen years at the Ecole du Patrimoine Africain, which he has been managing since January 2019. The Ecole du Patrimoine Africain-EPA is an international university specialising in the conservation and mediation of tangible and intangible cultural heritage. It primarily covers the 26 French-, Portuguese- and Spanish-speaking countries and sub-Saharan Africa, and more broadly offers its expertise to any African country that so wishes through training and capacity-building programmes and the implementation of cultural projects. In this capacity, he has directed several training programmes and coordinated projects to preserve and promote African cultural heritage. He has been a very active member of the committees set up by Benin for restitution.

Placide Mumbembele Sanger holds a doctorate in Political and Social Sciences from the Université libre de Bruxelles, where in 2015 he defended a doctoral thesis entitled Les musées, témoins de la politique culturelle, de l'époque coloniale à nos jours, en République démocratique du Congo. He currently teaches the history of museums in Congo at the University of Kinshasa. His research deals with the issue of museums and cultural heritage in a (post)colonial African context. His current interest is in the restitution of cultural property between Belgium and the Democratic Republic of Congo. He is a member of the Scientific Council of the National Commission for the Repatriation of Cultural Property, Archives and Remains of Human Bodies Removed from the Congolese Cultural Heritage, and a member of the Scientific Steering Committee for "Colonial Heritage and Decolonisation" at the Université Libre de Bruxelles. Recent publications: "Le retour du masque kakuungu en République démocratique du Congo : au-delà du geste". In S. Van Beurden, D. Gondola and A. Lacaille (eds.), (Re)Making Collections: Origins, Trajectories & Reconnections, Royal Museum for Central Africa, Tervuren, 2023 and A long Term Perspectives on the Issue of the Return of Congolese Cultural objects. Entangled Relations between Kinshasa and Tervuren (1930-1980), in Felicity Bodenstein, Damiana Oţoiu and Eva-Maria Troelenberg (eds.), Contested Holdings: Museum Collections in Political, Epistemic and Artistic Processes of Return, Oxford, New York, Berghahn Books, 2022.

Jacques Aguia Dahois a teacher-researcher and lecturer in the sociology of development at the National University of Agriculture (UNA) and the University of Abomey-Calavi (UAC) in Benin. He is an associate researcher at the Anthropology, Archaeology and Biology Laboratory (in France) and Head of the Publication and Popularisation Department of the Religions, Spaces and Development Analysis and Research Laboratory (LARRED) at the University of Abomey-Calavi.
He is a member of a number of specialist research laboratories and has published over twenty scientific articles and two books on public policy, local knowledge, health and religion. Previously Technical Adviser to the Minister in charge of Technical and Vocational Training, responsible for monitoring reforms and projects and for drawing up the National Strategy for Technical and Vocational Education and Training and the International Technical Round Table organised for this purpose. Currently Deputy Director of the Cabinet of the Minister for Culture, he has coordinated the design and implementation of various protocols relating to the restitution of Benin's cultural property by France, its reception and exhibition on behalf of the Ministry. He is a member of the coordination committee for the research programme "Restitution of cultural property from Benin: between public policy and heritage issues", which is run by the Ecole du Patrimoine Africain (EPA).

Represent/ Exhibit

8 March 2024, 10am-11.30am CET

Honoré Tchatchouang (Ecole du Patrimoine Africain) and Margareta von Oswald (Humboldt-Universität zu Berlin) in conversation with Cindy Olohou (independent researcher and curator), Rossila Goussanou (Musée Théodore Monod, Dakar) and online participants.

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This session looks at the exhibition of colonial collections in times of decolonisation and the circulation and restitution of cultural goods between Europe and Africa. How do these issues influence professional practices? In what way do exhibition practices contribute to changing (or not) the conception and perception of the issues raised from a number of perspectives? How are exhibitions currently conceived and produced, in Africa, Europe and elsewhere? What tensions are generated by the different values of the works? Finally, how do we position ourselves professionally when cultural references are hierarchical? These questions, linked to the exhibition of colonial collections, and consequently to the representation of shared African and European histories and presents, have also come to the fore in recent years, as most of Europe's former ethnographic museums have rethought their missions and opened up their permanent exhibitions, repeatedly provoking disappointment in the professional worlds of independent curators, artists and activists. In this session, we will look at concrete examples of collaborative curatorial practice that have responded to these issues and challenges.


Biographies

Honoré Tchatchouang Ngoupeyou holds a PhD in Economic and Social History from the University of Dschang (2021), and a PhD in Heritage from CY Cergy Paris Université (2022). He also holds an international diploma in heritage conservation from the Institut national du patrimoine-INP in Paris (2019). He specialises in conservation in African contexts and explores management and preservation approaches that bring together community knowledge and institutional management standards. Between 2008 and 2019, he was involved in La Route des Chefferies in Cameroon. He works or has worked with a number of museums and training institutions in Africa (Musée Théodore-Monod d'art africain and Musée des Civilisations noires in Dakar, Musée national du Gabon, Musée national Barthélemy Boganda in Bangui), Austria (University of Vienna as part of the Global Conservation: Histories and Theories programme) and France (Institut National du Patrimoine, Musée des Confluences, Musée du quai Branly Jacques-Chirac, Office de coopération et d'information muséales). He is a member of the scientific committee for the project to renovate the Musée de la Musique in Paris, and is currently working as an expert on the Beninese government's flagship projects to promote heritage and tourism development. He is also taking part in the institutional discussions led by the Ecole du Patrimoine Africain (EPA) and the INP to pool their respective training methods, with a view to exchanging engineering strategies and educational offerings. He is the author of a number of scientific articles and recently coordinated the dossier "Objects and heritage of the Grassfields: beyond matter... in search of flesh" in the journal Trouble dans les collections (No. 5, 2023).

Margareta von Oswald is a socio-cultural anthropologist (Phd, EHESS Paris/Humboldt-Universität zu Berlin) and curator, currently a researcher at inherit. heritage in transformation, Humboldt-Universität zu Berlin. Her research is concerned with museums and difficult heritage, asking how museums can be truly democratic places that effect change. In her monograph Working Through Colonial Collections. An Ethnography of the Ethnological Museum in Berlin, she discusses the possibilities and limits of engaging with colonialism and its legacies in ethnological museums. Other recent, open-access publications include the books The Resonant Museum. Berlin Conversations on Mental Health (ed. with Diana Mammana, Verlag der Buchhandlung Franz und Walther König, 2023), Awkward Archives. Ethnographic Drafts for a Modular Curriculum (ed. with Jonas Tinius Archive Books, 2022) and Across Anthropology. Troubling Colonial Legacies, Museums, and the Curatorial (ed. with Jonas Tinius, Leuven University Press, 2020).

Rossila Goussanou is an architect with a doctorate in anthropology. Her research focuses on renewing the ways in which heritage sites such as museums and places of memory are interpreted, in particular using non-Western concepts. In February 2022, Rossila began a research contract at the Musée Théodore Monod in Dakar, as part of the international research project "Re-connecting "Objects": Epistemic Plurality and Transformative Practices in and beyond Museums", coordinated by Bénédicte Savoy. She is also actively involved in the design of the future Musée International du Vodun (Porto-Novo, Benin, 2025), as Executive Secretary of the Comité de Préfiguration.
At the same time, Rossila is developing a curatorial practice focusing on the promotion of African cultures, for example by curating the exhibitions "Si... Spéculation sur les usages futurs" (Musée Théodore Monod, Dakar, 2024); "Phoenix. Renaître de l'esclavage par le corps et la pierre" (MUSARTH, Pointe-à-Pitre, 2023 - La Cale des Créateurs, Nantes, 2022 - CCRI, Ouidah, 2022); "Afrocity, Urbanités enchantées" at ENSA Nantes (France, 2021) or the prefiguration study for the exhibition "Sur la Route des Chefferies du Cameroun" at the Musée du Quai Branly (France, 2022). She has also been a visiting lecturer at the École Nationale Supérieure d'Architecture de Nantes since 2016 and at the École Nationale Supérieure d'Architecture de Maurice since 2021.

Cindy Olohou is an independent art critic and curator. She also co-founded the Wasanii Ya Leo agency in 2018. After studying Lettres Modernes at the Sorbonne and an undergraduate degree at the École du Louvre, she specialised in contemporary arts from Africa and its diasporas in her graduate studies. At the same time, she worked with the magazine IAM, Intense Art Magazine and the cultural agency Little Africa Paris, before moving to Cameroon to work as a project manager and museologist for the association La Route des Chefferies, which promotes Cameroon's heritage. As a member of the Jeunes Critiques d'Art collective, she is exploring postcolonial and decolonial issues in contemporary art, as well as the relationship between tradition and museum practice. More recently, she has written the glossary for Chris Cyrille and Sarah Matia Pasqualetti's Mais le monde est une mangrovité ... and contributed to several exhibition catalogues, including the one for the exhibition "Sur la Route des chefferies du Cameroun, du visible à l'invisible" at the musée du Quai Branly-Jacques Chirac, which she co-curated. She is also associate curator of the 15th Dakar Biennale « The Wake » in 2024.

Imagine / Perform

15 March 2024, 10am-11.30am CET

Anna Seiderer (Université Paris 8/Vincennes-Saint Denis) and Espéra Donouvossi (Ecole du Patrimoine Africain) in conversation with Bongile Gorata Lecoge-Zulu (visual artist, musician, independent curator) Brownlyn Lace (Centre for the Less good Idea) and online participants

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This session explores the performative nature of the trace of de/colonial archives through artistic gestures. Bronwyn Lace and Bongile Gorata Lecoge-Zulu will share artistic research developed as a result of collaborations with French and German museum institutions. As part of Season 10 of the Centre for the Less Good Idea, they explored colonial archive images, particularly those of Dahomey taken in 1930 by Frédéric Gadmer and Father Francis Aupiais, through collective artistic experimentation. This work was developed around a Pepper's Ghost, an illusionist technique from the late 19th century. These artistic proposals are coupled with a critical reflection on the colonial imaginary mobilised in a so-called decolonial institutional approach, and highlight the normative straitjacket that they sometimes prefigure.


Biographies

Anna Seiderer is a lecturer in the art department at the University of Paris 8/Vincennes, Saint-Denis, a researcher at the Arts des Images et art contemporain [AIAC/EPHA] laboratory, associated with the Laboratoire d'anthropologie des mondes contemporains [LAMC] and a member of the editorial board of the journal Esclavages & Post~esclavages. Her thesis in aesthetics, supported by the philosophy department of the University of Paris X-Nanterre, the Ecole Africaine du Patrimoine (EPA) and the Centre Africain des Hautes Etudes (CAHE), focuses on the concept of transmission at work in post-colonial museums in Benin. She has worked as a research assistant at the current Africa Museum, coordinating the European project Réseau international des musées d'ethnographie et des cultures du monde [RIME] and supporting artistic research in the museum's colonial archives. She is co-curator (with Anne-Marie Bouttiaux) of the travelling exhibition Fetish modernity (2011), co-editor of the eponymous exhibition catalogue and of the book Une critique postcoloniale en acte. Les musées d'ethnographie contemporains sous le prisme des études postcoloniales (2014). As part of the research project Images animées, mémoires controversées [CINEMAF], she has developed, in collaboration with Didier Houénoudé (Abomey Calavi University) and Bronwyn Lace (Center For The Less Good Idea), the artistic research on colonial archive collections. Recent publications include: 'Images fantômes. Colonial Anamnesis", in Alessandro Gori, Fabio Viti, eds, Africa in the World, the World in Africa / L'Africa nel mondo, il mondo in Africa, Milano, Biblioteca Ambrosiana, 2022, pp. 217-235; "Aida. Prélude d'une conquête impériale", Aida by Giuseppe Verdi, staging by Lotte de Beer, Programme de l'Opéra de Paris, Saison 2020/2021, pp. 49-53; Interview on Borderlands with Jo Ractliffe in A toi appartient le regard et (...) La liaison infinie entre les choses, Christine Barthe (ed.), Musée du quai Branly/Actes Sud, pp.38-45; "Animating collapse. Reframing colonial film archives", with Alexander Schellow, in Across Anthropology. Troubling Colonial Legacies, Museums, and the Curatorial, by Margareta von Oswald and Jonas Tinius. Leuven: Leuven University Press, pp. 187-209; "Reflexivity at Work. Performativité du " musée palais royal " d'Abomey", in "Museums and religious heritage: Post-colonialist and post-socialist perspectives", Civilisations, vol.71, pp. 85-111; "Recaptioning Congo. African stories and colonial pictures", interview with Sandrine Colard, L'Art Même (89), pp.68-70.

Espéra Donouvossi holds a master's degree from the Department of Language and Communication Sciences at the University of Abomey-Calavi in Benin. Between 2007 and 2014, he lived and worked in South Africa before joining the Unesco Chair in Cultural Policy and Management at the Belgrade University of the Arts in Serbia. In 2018, he completed a joint master's study programme in cultural project and institution management in cooperation with the Université Lumière, Lyon 2, in France. His Master's thesis focuses on recommendations and advocacy and management strategies for the restitution of Beninese cultural heritage from French museums.
Espera is currently a PhD candidate at the University of Cape Coast in Ghana and the University of Hildesheim in Germany, where he is studying the design of structural and participatory policies to support sustainable systems of governance for Benin's cultural heritage. With over 10 years' experience in the African cultural sector, he has been deeply involved in the creation, development and coordination of several full-time cultural organisations and programmes in most African countries. He is passionate about Africa's cultural and creative industries and his personal goal is to become an expert in cultural policy.

Bronwyn Lace is a visual artist who has collaborated with William Kentridge on the founding and establishing of The Centre for the Less Good Idea. For Botswana-born Lace, who currently works between Austria and South Africa, her artistic practice is concerned with the relationship between art and other fields such as physics, literature, philosophy, museum practice, education, and more. Site-specificity, responsiveness, and performativity are also central to her practice, and have informed a great deal of her early work. Similarly, a balance between an isolated, introspective studio process and a collaborative, communal process sees Lace embracing incidental discoveries underpinned by an informed pursuit of new ideas.
In early 2016, when Lace was living and working in Johannesburg’s Maboneng, she was contacted by Kentridge and asked to join him in a discussion on an idea for an experimental incubator space for the arts. Lace was to work alongside Kentridge and his team, helping to establish a space that would ultimately become The Centre for the Less Good Idea. For Lace, whose own work grapples with themes of transition, mortality, illuminating thresholds, and finding a physical form for collapse, The Centre holds a strong methodological and philosophical resonance. Working to hold the myriad and often intangible processes of artists, seeking out new ways of seeing and introducing disparate threads to their work is a role that she’s occupied since The Centre’s inception. Working alongside the production and technical teams, as well as the invited curators, choreographers, directors, composers and dramaturgs leading a process, and providing a space for encouragement and understanding is also central to Lace’s role at The Centre. At present, Lace’s position between South Africa and Austria also sees her working to establish relationships between The Centre and other collaborative, experimental arts spaces and institutions across the globe.

Bongile Gorata Lecoge-Zulu is an artist based in Johannesburg. She holds a Bachelor of Music and a Master of Arts (University of the Witwatersrand, Johannesburg), as well as a Bachelor of Flute Performance (LRSM). Lecoge-Zulu has performed in ensembles, bands and theatres throughout southern Africa, and is a full-time member of the Drama for Life Playback Theatre Company. Lecoge-Zulu's creative practice is deeply rooted in an interdisciplinary collaborative approach that often leads her to engage in experimental collective projects. Much of her research focuses on the possibilities generated by the fusion of music and sound with other art forms.
She works (and plays!) in and across contemporary performance, music, theatre, education, writing and curating - so her practice is deeply collaborative, collective and generative. The worlds of expression she frequently explores, discovers and creates with notions of translation beyond the text, in an ongoing effort to cross the boundaries between disciplines. Season 8 of the Centre for the Less Good Idea was curated by performer, musician, writer and educator Bongile Gorata Lecoge-Zulu, and used the provocations of Breath & Mythology to produce a programme of collaborative, experimental and interdisciplinary new works.
The performances that make up the season 8 programme of work feature music, the physical and the narrative, and are at once humorous, absurd and contemplative. A multimedia exhibition was also presented throughout the season. Entitled Thinking in Poetry and Cardboard, the exhibition serves as an archive for SO Academy's Thinking in Cardboard mentorship programme and The Khala Series 2021 100 Poems project, curated by poet Upile Chisala.

Launch of the book "Traces du dé/colonial au musée",
edited by Anna Seiderer, Damiana Oţoiu, Felicity Bodenstein and Margareta von Oswald

21 March 2024, 18:30 CET

Centre Marc Bloch, Berlin, and online

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Study Day


As part of its residency at the Villa Medici, the Académie des Traces is co-organising a study day dedicated to dé/colonial legacies in museums, with the art history department of the French Académie in Rome and the Museo delle Civiltà.

Register here to participate online

The call for contributions is open until April 15, 2024, the programme will be published later.

Members of the Academy 2024


© Adéwolé Faladé
Adewole Falade

Adéwolé Faladé is a PhD candidate in Comparative History at the Central European University (CEU) in Vienna, Austria. She is interested in the return of Beninese artifacts from France and the new relations stemming from this return. She is also a researcher on the ERC-funded 'Repatriates' artistic research project, which examines the extent to which local communities and museums are involved in the restitution process of African collections held in European museums. Finally, she runs a cultural association which, since 2006, has been working to collect, archive, preserve and promote Benin's cultural heritage and traditions.

The role of museums and local communities in the restitution process of African collections held in European museums

My thesis analyzes the issues involved in the restitution process between France and Benin. Witnessing the various manners through which Benin has been repossessing the objects returned, the project focuses on the ways by which the local populations are approaching the repatriation of the looted objects.
My research also scrutinizes the invention of a fictive Africa through the decontextualisation of items and discriminatory theories residing in the museification of objects. Ethnographic museums embody the fabrication of a colonial narrative about African history, art and culture.

© Aliénor Brittmann
Aliénor Brittmann

Aliénor Brittmann is a doctoral candidate in law at ISP, Ecole Normale Supérieure de Paris-Saclay. She has received scholarships from the Académie française and the Italian government, as well as from the Ecole française de Rome. She is currently writing her PhD thesis thanks to a grant from the Fondation pour la mémoire de la Shoah (Paris). She was a Visiting Scholar at the Università degli Studi in Milan, Italy, where she obtained her diploma in photography from the Accademia (CFP) Bauer. Her research focuses on the legal uses of the past, the construction of testimonies, the emergence of State liability, the links between history and trials, as well as photography as a mode of evidence.

Repairing the wrongs of history. Post-Shoah and post-colonization in the French and Italian experiences of cultural property restitution since 1970

I analyze the way in which restitutions of cultural property removed during the Holocaust and colonization are intended as attempts to repair - though impossible - these particular contexts of violence, which are today referred to as "wrongs of history". My research begins in 1970 in order to work on post-historical events, both in France and in Italy; in other words, on the contemporary occurrence of cultural property disputes linked to these past conflicts.

© Ananko Ankomba Ablavi Assoum
Ananko Ankomba Ablavi Assoum

Ananko Ankomba Ablavi Assoum is an assistant at the educational cooperation office of the Goethe-Institut Togo; she is a student in the German department at the University of Lome (Togo), specialising in intercultural literature; and she works as an actress and prop-maker in her spare time. I define myself as a true lover of art in all its forms. But I'm even more passionate about African plastic art. I'm particularly interested in the issue of the restitution of African artworks exhibited in European museums. I'm one hundred per cent in favour of restitution.

Spoliated works in German and African literature. Reflections on the restitution process in Seydou Badian's Noces sacrées (1977) and Olaf Müller-Teut's Afrikanisches Schattenspiel (2009).

It's a work dedicated to the theme of the restitution of looted African artworks. Using the two works cited, I examine the contemporary processes involved in the restitution of looted African property used by Westerners, in particular the lengthy process involved in applying for restitution, the lengthy provenance research, etc. I also address the question of how to treat African heritage once it has been returned to African countries.

© Ariane Théveniaud
Ariane Théveniaud

After studying art history and archaeology, Ariane Théveniaud joined the furniture conservation training of the Institut national du patrimoine from which she graduated in 2018. Her final dissertation, on the conservation of a kamanche from Turkey, and her various professional experiences, including three years in the conservation studio at the Musée National de la Marine, led her to focus her research on the conservation of objects with a high functional value. In 2021, Ariane Théveniaud began a thesis directed by Anaïs Fléchet (CHCSC - UVSQ) in the history of conservation-restoration.

Conservation of "non-European" musical instruments acquired between 1872 and 1958 for the musée d'Ethnographie du Trocadéro / musée de l'Homme and for the musée Instrumental du Conservatoire national de Musique.

This thesis looks at the history of the conservation of so-called 'non-European' musical instruments acquired during french colonisation for Parisian museums. It examines the effects of the patrimonialisation of these objects of use, from varied origins and acquisition contexts, on their material conservation, based on a study of a corpus of lutes currently held at the Musée de la musique (Cité de la musique-Philharmonie de Paris) and the musée du quai Branly - Jacques Chirac. The aim is to examine the role of conservation in the history of the representation of 'non-Western' cultures in European museums.

© Carly S. Degbelo
Carly S. Degbelo

Carly S. Degbelo is a Catholic priest and cultural heritage manager. He obtained his Licence professionnelle at the Ecole du Patrimoine Africain-EPA and his Master 2 at the Université Senghor d'Alexandrie. In July 2022, he carried out a research placement at the Musée Africain de Lyon (now the CCA) with the aim of documenting the provenance of Beninese objects taken by the missionaries. This work was accompanied by another that would become his hobbyhorse. This was the photographic archives from the colonial period held by the Albert Kahn Museum in France. The aim is to provide contextual documentation, even if it means decolonising the legends. While continuing his research work at the Ecole du Patrimoine Africain, he heads the Centre Diocésain du Patrimoine Religieux (Diocesan Centre for Religious Heritage) in Porto-Novo.

Colonial photographic archives: the "missing links" in provenance research for cultural property in Benin.

It is well known that several works from Benin (then Dahomey) were expatriated during the colonial period. The circumstances of their departure for Europe did not help to provide them with good documentation. This is evidenced by the fact that some objects in museums have been misnamed, mislabelled or misused. In looking at these objects from the colonial period, we are adding the Dahomean photographs from the Albert Kahn Museum, which are objects in their own right, but also support or 'missing links' for provenance research and, by extension, the documentation of these objects. The aim is to find out more about the history of the objects that were taken away, thanks to the photographic archives that exist in France and elsewhere.

©Markus Hilbich
Elias Aguigah

Elias Aguigah is a master's student in anthropology and political science at the Free University (FU) of Berlin and at EHESS in Paris. From 2020 to 2023, he worked as a research assistant on the DFG-AHRC project The Restitution of Knowledge, a partnership between the Technical University of Berlin, the University of Oxford and the Pitt Rivers Museum. His research interests include postcolonial studies and the critique of neocolonialism, political anthropology and colonial museum collections and restitution. In recent years, he has supplemented this theoretical background with trips and exchanges in Istanbul, West Africa and Réunion Island.

A new chapter in European colonialism or decolonisation? The political economy of postcolonial restitution

As part of my master's project, I will be approaching the issue of the restitution of African cultural property looted during colonial times by European colonial powers from a political economy perspective. I'm interested in the political calculations of the various players in the debate and the power issues that are linked to these collections. During my ethnographic research in West Africa, I will examine local visions and political negotiations about the future of relevant objects to see how restitution could contribute to the creation of self-determined African societies.

©Chris Swagga
Injonge Karangwa

Injonge Karangwa is a singer, author, poet, researcher and global health professional, renowned for her international career. For nearly fifteen years working in the field of public health in sub-Saharan Africa, Injonge has designed and implemented innovative programmes, drawing on her expertise in project management and her multi-sectoral, multi-disciplinary approach. This experience led her to create the Hamwe festival in 2019, an annual event designed to examine the intersections between the cultural and health sectors. She is currently in charge of research at the Institute for Creative Repair and is preparing her application for a PhD programme.

Injonge is currently leading two innovative projects, examining the current impact of colonial legacies in Western museums. Her first project, a doctoral thesis, examines how access or lack of access to colonial collections, and the narratives constructed around these collections, affect the mental health and well-being of Africans and African diasporas. At the same time, she is working on 'Éxposées', a play that she is writing and directing. The play, currently in production, examines the challenges of curating exhibitions that include objects from colonial collections. A partial premiere performance is scheduled for 20 January at the Cours Florent in Brussels, with the support of the institution.

©Jan König
Jan König

Jan König is studying art history in Leipzig. Thanks to his studies and a number of practical experiences in museum work in Germany and Togo, he has been able to gain a deep understanding of the need to return looted cultural property, as well as the obstacles and potential of restitution processes. He believes that in this field, it is very important and useful for all players to create synergies. In this respect, the transdisciplinary aspects and the orientation of the processes towards the interests of the societies of origin/inheritance play an essential role.

Return of cultural goods to Dagbon

In 1896, German troops attacked Yendi, capital of the Dagbon kingdom in West Africa, massacring the local population and looting cultural objects taken to Germany. In November 2022, together with two colleagues, we presented photos of objects from the Grassi Museum in Leipzig to over 150 people in Yendi. They all expressed pain, but also joy and pride at the idea of the return of the objects, considered crucial for the future of the kingdom and as a cross-cultural process of reparation. Our project involves systematic research into Dagbon's possessions in Germany, in close collaboration with the society of origin. The aim is to classify the provenance histories, prepare for the restitutions and document the process via exhibitions and publications.

©Janine Gaëlle Dieudji
Janine Gaëlle Dieudji

Janine Gaëlle Dieudji is a multilocal curator and cultural professional with over a decade of experience in the art world. She has contributed to publications such as the Phaidon art books African Artists: From 1882 to Now and Vitamin C+, Collage in Contemporary Art. Co-founder of The Recovery Plan (Florence, Italy) and former director of exhibitions at MACAAL (Marrakech, Morocco), Janine Gaëlle works on curatorial projects pertaining to contemporary African art and artists, museums and intercultural exchange. Last year, she joined the team at the Smithsonian National Museum of African Art, where she continues to expand her curatorial practice.

The Africa Museology Project

In coordination and with the support of the Cultural Heritage Center of the U.S. Department of State, the Smithsonian has developed a two-year cultural exchange programme that brings together scholars and cultural heritage specialists from Ethiopia, Mali, DRC, Nigeria, Tanzania, Kenya, Rwanda and South Africa with their American counterparts and institutions. Led by the Smithsonian National Museum of African Art and managed by the Office of International Relations (OIR), the programme complements a Mellon Foundation grant project at the National Museum of African Art to develop a programme of African museology focusing on documentation, conservation and research that brings together curators, registrars, archivists and curators. This exchange programme involves cultural heritage professionals from eight African countries as partners in knowledge-sharing issues and collaborators on pilot projects of mutual interest.

©Delice Tuyisenge
Jean Berchmans Ndihokubwayo

Jean Berchmans Ndihokubwayo originally from Burundi, began his career by teaching history at the secondary school level. Later, he transitioned to the University of Burundi, where he assumed the role of an Assistant Lecturer in the Department of History and Heritage. Since 2022, he has been dedicated to pursuing a doctoral degree in history at the University of Giessen in Germany. In addition to his academic pursuits, Jean Berchmans Ndihokubwayo has served as a consultant for Burundi's Truth and Reconciliation Commission, contributing to reconciliation efforts in the country. His involvement extends to the Société de la Gestion des Biens Patrimoniaux, where he actively participates in initiatives related to the establishment of museums in Burundi, the management of heritage sites, and other associated activities.

Burundi under German colonial rule: between collaboration and resistance of colonial authorities and traditional chiefs, 1896-1916.

This thesis project seeks to delve into the era of German colonization in Burundi, focusing specifically on the intricate dynamics between the collaboration of colonial authorities and the resistance of local traditional chiefs. The research employs predominantly qualitative methods for data collection and analysis. Primary information sources encompass writings from the initial Europeans who visited Burundi, archival materials, and oral sources.

©Studioline
Mikaél Assilkinga

Mikaél Assilkinga is a doctoral student at the Technische Universität Berlin and the University of Dschang (co-supervision). His doctoral thesis, which he wrote as part of a project funded by the German Research Society entitled 'Reverse history of collections', focuses on the symbols of 'traditional' power in Cameroon: 'Cameroonian objects of power in German museums. Meanings and significances from the violent colonial exploitation to post-colonial history". Alongside his research into Cameroon's expatriate cultural heritage, Assilkinga is currently working on a kind of 'cartography' of Cameroonian human remains from the colonial context in German museums.

Cameroonian objects of power in German museums. Meanings and significances from the violent colonial exploitation to post-colonial history

My thesis focuses on the symbols of power in Kamerun that were translocated during German colonisation (1884-1916/1919). What meanings did Cameroonian objects of power acquire through their presence in Germany and their absence in their societies of origin? This was my main concern. My study has a dual focus: presence in Germany and absence in Cameroon. The thousands of symbols of power looted from the former colony of Cameroon have passed through different eras and been put to different uses from the time of their translocation to the present day.

© Mililani Ganivet
Mililani Ganivet

Born in Hawai'i and originally from Tahiti, Mililani Ganivet is Oceanian. She left Tahiti at the age of 17 to study at the Sorbonne in Paris, and later in Hawai'i. She sees herself as an archivist of the sacred word, whether written, spoken or embodied. Her work is inspired by the poets of the gathering, the transmitters of memories and the bearers of the future of her country and of Oceania, those who paved the way and laid the foundations on which her work and her convictions rest. When she's not in the archives or out in the world, she spends her free time in the Pacific Ocean, which provides her with a spiritual anchorage dear to her heart.

Collecting Conversion: Unpacking Polynesian missionary collections at the British Museum

Mililani has just started her PhD at the University of East-Anglia (UEA) in partnership with the British Museum in the UK in October 2023. Her dissertation project focuses on the Polynesian collection housed at the British Museum. This collection contains some of the most sacred objects collected in Polynesia in the early 19th century. She is particularly interested in the role of Polynesian pastoralists in collecting these objects.

© Rodrigue Nzelokuli
Rodrigue Nzelokuli

Rodrigue Nzelokuli holds a Master 2 in Social Communications from the Université Catholique du Congo, specialising in bibliology (sciences of the written word and written communication) and a Master 2 in Development, specialising in Tourism and Cultural Heritage from Senghor University in Alexandria.
Since April 2023, he has been preparing a doctoral thesis at the University of Kinshasa, in the Department of Historical Sciences, Heritage Management and Development. His thesis is being funded by the BELSPO, through the PROCHE project on provenance research run by the Royal Museum for Central Africa in Tervuren, Belgium. The PROCHE project is part of the many social and political discussions questioning the ways in which ethnographic and musicological objects were acquired during the colonial period. Its aim is to develop a method for researching the provenance of objects in the collections of the Africa museum in Tervuren, Belgium. Thanks to this project, he will be doing doctoral research in Belgium from May to August 2023.

Contextual provenance of Mbole ethnographic objects from Lilwakoy in the collections of the Africa Museum acquired during Belgian colonisation. Ethno-historical interpretation

In his thesis, Rodrigue Nzelokuli questions history through archival sources and oral history to understand the context in which the Mbole objects of Lilwakoy were acquired from their first legitimate owner in the Democratic Republic of Congo during the colonial period, between 1930 and 1960. His research is therefore based on the following questions: what relationship did Belgian colonisation have with the Lilwakoy secret society and, more generally, with all those that existed during this period? What was the political climate in Opala during the Belgian colonial period? Was there a specific policy for collecting secret society artefacts in the Belgian Congo and specifically in Lilwakoy? What is the oral history of the Lilwakoy secret society today on the context of acquisition of their objects during Belgian colonisation? What is the relationship between the Lilwakoy secret society and its objects today?

© Salomé Soloum
Salomé Soloum

Salomé Soloum holds a doctorate in art history. Her research focuses on the history of clothing, sexuality and customs in pre-colonial Africa. She is the author and co-author of articles on the habits and customs of Bas-Bénin and the co-author of a book on the calabash.

Cultural assets from Danxomè repatriated: between euphoria and hope for the development of local tourism

On 6 November 1892, the French troops commanded by Colonel Alfred Amédée Dodds took possession of Kanna. After ten days of fighting, the kingdom's capital, Agbomɛ, fell to the French invaders on 17 November 1892. The French soldiers ransacked the heritage of these two towns.
After the first unseccessful attemps to repatriate its colonial-era looted property (2005), Benin (formerly Dahomey), became one of the first sub-Saharian countries to formumate an official request for the return of its entire herityage (more than 5000 pieces), not only from French museums but also from declared private collections. Although this request was rejected by Jean-Marc Ayrault, then French Foreign Minister (2016-2017), in December 2019 under President Emmanuel Macron, announced the return of the 26 beninese pieces requested. On 10th November 2022, the 26 pieces threaded for the first time on the soil of their country of origin, almost two centuries after their departure. The aim of this project is to demonstrate that the restitution of the property of people in general, and of the Beninese people in particular, allows them to recover part of their memory and their cultural identity. The restitution of property looted during colonisation to the communities of this geo-cultural space is an absolute necessity for their well-being. This project is also intended to be a boon, demonstrating that the return of these objects to Benin is a means of boosting local tourism and indirectly contributing to the development of the country.

© Soizic Le Cornec
Soizic Le Cornec

Soizic Le Cornec has been Collections Documentation Officer at the musée du quai Branly-Jacques Chirac since October 2023. She is in charge of provenance research and coordinates the project to document the biographies of people associated with the collections. She is a graduate of the Diplôme Universitaire Paris-Nanterre in provenance research for works of art (2022) and of the Ecole du Louvre, specialising in the history and anthropology of the arts of Oceania (2021). Her previous research has focused on the trajectories of human remains conserved in museum institutions and on the Oceanic collection of the Musée des Beaux-Arts et de la Dentelle d'Alençon.

Documenting people's biographies at the musée du quai Branly-Jacques Chirac

As part of the work being carried out on the origins and context of the objects acquired by the musée du quai Branly-Jacques Chirac, we are documenting the biographies of individuals. While certain key figures in the history of the collections have already been documented, there are many unknown individuals whose biographies have yet to be drawn up. Faced with this disparity in levels of knowledge, sometimes combined with the scarcity of sources, how should we go about building a prosopographical directory and what research methodologies should we adopt? In what form(s) can this lack of information be made public, and how can the individuals concerned nevertheless be made visible?

©Tiako Djomatchoua Murielle Sandra
Tiako Djomatchoua Murielle Sandra

Tiako Djomatchoua Murielle Sandra e a PhD student at Princeton University. Currently a FRAME fellow at the National Audiovisual Institute in France, her project “The purgatory of African heritage in France : dismantling reproductive colonialism and its rhizomatic networks from colonial exhibition archives” demonstrates the instrumentation of African arts as a leitmotif for the promotion of entangled and reproductive colonial political ideologies. This is demonstrated through a comparative study of the 1931 International Colonial Exhibition in Paris, France, and the 1966 World Festival of Negro Arts in Dakar, Senegal. At Princeton University's Center for Digital Humanities (CDH), Tiako Djomatchoua coordinates the project "Beyond beauty: Luba scarifications as testament of life and death." Committed to creating authentic African spaces, she initiated and coordinates the seminar series "Arts and (re)Creation from Africas to the World," sponsored by Princeton University Humanities Council.. Actively involved in Making North American African Art Collections Accessible and Visible (MNAA), a subcommittee of the Arts Council of the African Studies Association (ACASA), she contributes to defining criteria for potential collaboration, restitution, and repatriation of African objects by North American museums, conceptualizing a public database for African art in North America to enhancing visibility and accessibility.

Living objects, multiple origins: reconstructing Luba memory networks from missionary and colonial archives

Should the absence of provenance data about African objects at museums preclude their exile in the museum or their irrelevance for their community of origin? Is the question that my doctoral research addresses. Focusing on mining Belgian missionary archival collections and linking them to museum data to reconstruct gendered female archeologies of power and political participation in traditional pre/colonial societies aims at demonstrating that the celebrated patriarchal reign, considered the pinnacle of the Luba empire in oral traditions, is a fabrication. Uncovering narratives of "female Kings" from vestiges of royal Luba objects in European institutions endeavors to reconstruct silenced legacies by re-establishing connections among pieces of scattered and displaced heritage.